Gazette de Liége

Le mieux est-il l’ennemi du bien ? C’est ce que semble penser la CNE au vu de ce qui risque de se passer chez Mecamold.

En fait, selon le syndicat chrétien, la situation tourne au vinaigre dans cette entreprise de fabrication de moulages de pneus, basée aux Hauts-Sarts, qui emploie 139 personnes. Le plan de restructuration mis sur la table par la direction prévoit le départ de 44 personnes.

Pour la CNE, il n’est pas question de risquer de voir l’usine fermer à cause du jusqu’au-boutisme de quelques-uns ! Sans les citer, la CNE vise ici les responsables syndicaux de la FGTB, fermés à toute négociation, à tel point que la direction, fatiguée, risque fort de claquer la porte et de fermer l’entreprise.

"Si, à l’ouverture de la négociation du plan social, la direction avait formulé des propositions indécentes, elle est revenue sur la plupart d’entre elles, ce qui a permis d’ouvrir le dialogue. Au terme de plusieurs réunions, dont la dernière remonte au 5 décembre 2018, un ensemble de mesures a pu être dégagé. La CNE les a directement soumises au vote du personnel employé. Dès la fin du mois de novembre, les employés ont marqué leur accord sur le plan social amélioré."

Mais du côté ouvrier - 110 travailleurs -, on n’est jamais passé au vote ! Les contacts avec la direction ont été interrompus et l’usine est restée en grève…

Vu l’impasse, la conciliatrice des commissions paritaires concernées a pris l’initiative, le 20 décembre, d’organiser une médiation. Celle-ci s’est malheureusement soldée par un échec.

Une lettre de la direction

Par conséquent, le 2 janvier, la direction de Mecamold a adressé une lettre à l’ensemble du personnel, dans laquelle elle explique que, face à la situation, elle compte prendre ses responsabilités dans les jours prochains… Cela peut laisser supposer le pire. "À ce jour, la direction entretient encore des contacts informels avec les deux organisations syndicales" , indique Françoise Sensi, secrétaire permanente CNE.

"C’est pourquoi la CNE appelle chacun à bien mesurer les conséquences du pourrissement de la situation : tous les travailleurs de Mecamold risquent de recevoir leur préavis, sans plan social, et l’usine de fermer ses portes. C’est un scénario que la CNE refuse d’envisager ! Les jusqu’au-boutistes doivent prendre conscience qu’ils risquent de sceller dramatiquement le sort de nombreuses familles. La CNE ne peut cautionner une telle attitude. Elle les exhorte à prendre d’urgence la bonne décision."

En attendant, si un accord venait à être trouvé et que le travail reprenait, on se demande dans quelle ambiance… et surtout avec quel matériel. Il se susurre en effet que l’usine et le matériel sont en lambeaux après plus d’un mois de grève.