Précarité énergétique, SDF, délais d’octroi du RIS… Vert Ardent tire la sonnette d’alarme

"En 2012, le nombre de dossiers gérés au CPAS de Liège était de 7.139 et en juillet 2018, il était de 10.658", constate Stéphanie Grisard, conseillère CPAS Vert Ardent. C’est une augmentation de près de 50 %… Entre 2014 et 2018, le nombre de bénéficiaires à Liège est passé de moins de 20.000 à 27.132 !

À eux seuls, ces chiffres démontrent l’urgence sociale à Liège, juge-t-on chez Vert Ardent. Mais malheureusement, la réponse apportée par la majorité PS-MR (cette semaine) ne serait clairement pas à la hauteur. Pour les écologistes en effet, il est vital de débloquer des moyens..

Ce vendredi, le budget du CPAS sera donc voté et ce lundi 25 mars, le conseil communal validera le montant du transfert au CPAS (25,9 millions) soit une augmentation de 300.000 euros par rapport à 2018 ; "une simple indexation", déplore Matthieu Content, également conseiller CPAS Vert Ardent, "alors que la situation est critique". Pour Caroline Saal "un vrai débat public est nécessaire, il faut que la majorité liégeoise prenne ses responsabilités".

En marge de la problématique du sans abrisme, le groupe Vert Ardent compte bien saisir cette "actualité" qu’est le vote du budget du CPAS pour mettre en évidence ces "manquements" dans la politique sociale liégeoise, à commencer par "les délais d’octroi du revenu d’intégration". Bien trop longs doit-on comprendre. "Un délai qui est logiquement d’un mois mais qui, à Liège, est souvent largement dépassé", poursuit Stéphanie Grisard, "avec des conséquences terribles". La rue…

Vert Ardent épingle ici ce manque criant de personnel et le nombre de dossiers traités par agent, "sous estimé par rapport à la réalité puisque le CPAS ne compte pas dans ses moyennes les dossiers refusés, sans suivi".

Autre volet "négligé" : la précarité énergétique. "Preuve en est, un tiers des subventions du fonds gaz et électricité n’a pas été utilisé en 2017", constate André Verjans, "790.000 euros ont été utilisés sur une enveloppe de 1,2 million". Du gâchis… "alors que de petits gestes, parfois de simples petits travaux d’entretien, permettraient de résoudre bien des problèmes", poursuit le conseiller CPAS.

Enfin, la politique du logement et du sans abrisme est pointée du doigt, avec des chiffres toujours : l’agence immobilière sociale gère, à Liège, 145 logements tandis qu’à Namur ou La Louvière, "de bien plus petites viles, on constate que l’AIS gère plus de 300 logements".

Pour Vert Ardent : "il faut refinancer le CPAS" ; à hauteur de 2,5 millions précise Matthieu Content, "ce qui ne représente au final que 0,5 % du budget de la Ville. Pas impossible donc,c’est une décision purement politique".

SDF : "un dispositif insuffisant"

Vendredi dernier, le cas de Michel, ce SDF de 47 ans, circulant en chaise roulante, a choqué Liège. Malade et impotent, son cas a relancé le débat sur la prise en charge des personnes à la rue. La Ville dit faire son possible même si certains (dont lui) refusent toute aide. Dans la nouvelle déclaration de politique, la majorité dit aussi vouloir prendre le problème du sans-abrisme à bras-le-corps. Pour Guy Krettels (Vert Ardent), ce débat est d’ordre éthique mais, au-delà de ce cas individuel, il juge surtout qu’aujourd’hui, "le dispositif est insuffisant". "On parle en effet d’un 3e abri de nuit mais on dit d’autre part que les abris actuels ne sont pas saturés… il faut donc une nouvelle approche". Un travail de proximité, d’écoute, juge André Verjans. "Avec des infirmiers de rue", insiste Caroline Saal. Housing first ? "Une vitrine mais qui ne peut pas être la réponse unique". Une fois de plus, il faut un réel budget jugent les élus Vert Ardent, ne serait-ce que pour rencontrer cette promesse de garantir deux mois de caution locative…