Ce lundi, à Eindhoven aux Pays-Bas, les représentants des villes belges et néerlandaises candidates à l’organisation de la Coupe du monde de football en 2018 ou en 2022 - c’est selon - ont ratifié symboliquement leur engagement dans cette vaste entreprise. Pour rappel, les deux nations avaient déjà été ensemble les maîtres d’œuvre de l’Euro de football organisé en 2000.

Parmi les villes candidates en vue d’accueillir des matchs du Mondial : celle de Liège, où le club phare, à savoir le Standard, surfe pour l’instant, tant en championnat belge qu’en compétition européenne, sur la vague du succès. Un succès que compte bien exploiter le club principautaire, considéré par le maïeur liégeois comme "un élément fort de l’identité de Liège mais aussi un acteur socio-économique important", afin de changer d’air et de s’installer dans de nouvelles installations flambant neuves. Ainsi que l’a exprimé à maintes reprises le DG du Standard de Liège, Pierre François, il s’agit d’une obligation pour le club de construire un nouveau stade car celui qui est souvent surnommé "l’enfer" ou encore "le chaudron" de Sclessin est devenu trop exigu et ne répondra bientôt plus aux normes européennes en vigueur, et ce au plus tard à l’horizon 2012.

Et c’est précisément cette échéance, doublée de l’inscription du club et de la Ville - confirmée récemment par le bourgmestre - dans la perspective d’accueillir à Liège le Mondial 2018, qui a poussé le Standard à se chercher un nouvel "enfer". Une future enceinte qui devra comporter quelque 40000 places (contre les 24000 actuelles) et dont la construction, disait-on début 2008, devait être financée par des partenaires privés. Depuis lors, le discours a changé et il est désormais question que tant la Région wallonne que l’Etat fédéral mettent la main au portefeuille, et ce via des subsides. C’est ce qu’a laissé entendre Willy Demeyer lors du dernier conseil communal où le dossier du futur stade est revenu sur la table.

Car depuis l’annonce par le club de son intention de quitter Sclessin, les supputations ne font qu’enfler concernant l’épineuse question de la localisation dudit stade. Une seule certitude - quoique - : le nouveau stade ne devrait pas être érigé sur le site actuel de Sclessin, jugé lui aussi trop exigu par le club. L’étude commandée par le Standard et réalisée par l’intercommunale Spi + a, on le sait, pointé différents sites susceptibles d’accueillir ce nouveau "chaudron", parmi lesquels celui souvent cité de Coronmeuse qui n’est, selon Pierre François, "qu’un des trois sites retenus". La Ville, tout en reconnaissant qu’il doit s’agir d’un choix concerté et que la décision finale - maintes fois reportée mais qui, selon nos sources, est visiblement imminente - revient au CA du club, a affiché sa préférence pour le site de Coronmeuse, apportant sa pierre à l’édifice en marquant son accord en juin dernier afin de réaliser un échange de terrains avec la Région wallonne et de devenir propriétaire dudit site.

Une option, un temps validée par l’opposition Ecolo pour qui le site de Coronmeuse présente plusieurs avantages, qui n’a pas tardé de susciter moult inquiétudes tant parmi les mandataires communaux que chez les riverains. Ces derniers se sont regroupés depuis mai dernier au sein d’un collectif qui rassemble pas moins de trois comités de quartier et dont les membres disent non à l’implantation du Standard à Coronmeuse mais proposent des alternatives pour ce qu’ils estiment être "un site délaissé par les pouvoirs publics". Afin de le rendre plus attractif et persuadé qu’"il y a un projet alternatif pour Coronmeuse", le collectif préconise ainsi divers aménagements ou rénovations nécessaires mais peu coûteuses. Principale crainte des riverains : le fait de perdre le "poumon vert" essentiel à leurs yeux que constitue le parc Astrid, sorte de "coulée verte" à l’extrémité Nord de Liège, et des installations y afférentes (palais des sports, halles des foires, école pour enfants IMC, mais aussi darse de l’île-aux-osiers et pointe de l’île Monsin, largement sous-exploitées selon eux). Se voulant rassurante et précisant qu’elle est désormais maîtresse des terrains à Coronmeuse, la Ville promet que les activités actuelles seront préservées et qu’"il y a place à Coronmeuse pour y développer plusieurs fonctions". Une vue que ne partage pas l’ASBL UrbAgora, laquelle s’est prononcée pour une implantation du Standard à Bressoux-Droixhe et dont le président François Schreuer assure : "Le projet du collectif n’est absolument pas compatible avec celui de l’installation du futur stade. En outre, si cela se fait, il y a un risque évident de recours".