On le dit assez en ce moment : les temps sont durs pour les jeunes, lesquels manquent cruellement d’activités et de perspectives en cette période si particulière. Cela touche également leurs études mais n’empêche pas certains d’entre eux de terminer leur cursus scolaire.

Ainsi donc, la Province de Liège compte désormais 78 nouveaux diplômés issus de l’enseignement paramédical. Lesquels ont suivi une formation en soins infirmiers au sein de l’une des trois implantations de l’Ipes Paramédical dont celle de Liège.

C’est là même, non loin du site du Barbou réservé quant à lui à la Haute École de la Province de Liège, qu’une remise des diplômes assez spéciale avait lieu ce mercredi. En effet, pour la seconde fois depuis la réforme de la formation, le cursus se clôture après trois ans et demi.

Et c’est la première fois que cela se déroule en pleine crise sanitaire… De quoi rendre encore plus nécessaire, si l’on en croit la directrice de l’établissement Karine Rebholz, la mise au travail de ces jeunes diplômés.

"La pénurie est telle qu’ils ont tous une promesse d’engagement", souligne-t-elle. Et de relever le caractère spécifique du brevet d’infirmier hospitalier dont il est question ici. Il s’agit en effet d’études qui ne nécessitent pas un CESS contrairement aux études supérieures.

Aspect pratico-pratique

"La particularité de cette formation, à la fois théorique et pratique, est son aspect plus pratico-pratique", précise encore la directrice. Mais d’insister sur le fait que sur le terrain, la liste d’actes que les diplômés peuvent poser est la même que leurs collègues issus de la Haute École.

Bien entendu, ce qui rend cette promotion si particulière, c’est le contexte sanitaire dans lequel elle a lieu. Cela est d’ailleurs épinglé par la députée provinciale en charge Muriel Brodure-Willain (PS) qui a souhaité que les diplômés puissent être félicités et encouragés.

Parmi ces derniers, nous avons pu rencontrer tant Yenni qu’Arthur, tout juste sortis de l’Ipes Paramédical de Liège. La première, âgée de 24 ans, avait démarré un cursus à la HEPL voisine tandis que le second, âgé de 26 ans, avait tenté sa chance en biochimie.

" Nous avons été confrontés à une réalité très dure"

Tous deux, désormais ex-étudiants, mettent en avant le caractère très pratique de leur formation. À noter à cet égard que le taux de réussite est de près de 100 % et que tous trouvent du travail.

Suivre des cours mais surtout effectuer des stages en pleine crise sanitaire, une expérience qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. "La pandémie a eu une influence sur nos études", estime d’ailleurs Yenni. Elle au CHBA, tout comme Arthur à la Citadelle, a été amené à prêter main-forte en unités Covid. "Nous avons été confrontés à une réalité très dure", confient-ils, évoquant la détresse des patients. Mais pas de quoi toutefois remettre en cause leur vocation… "Nous avons été mis au cœur de l’action et nous avons appris à réagir rapidement", lance Arthur. Le sens de l’autonomie et le sentiment d’avoir été utile sont aussi épinglés par ces derniers, se disant convaincus de l’intérêt de leur formation.

Ce qui est également l’avis d’Anne-Catherine Demonty, responsable du département infirmier au CHBA. "Cette formation qui existe depuis les années 60 et qui devait à l’origine être temporaire a montré toute son utilité au travers notamment de son esprit action-réaction", estime-t-elle ainsi. Et plutôt que d’y voir une charge pour le personnel en place, via un système de tutorat, elle parle plutôt de win-win…