Originaire d’Engis, Philippe Dulieu, l’actuel procureur du Roi au parquet de Liège, a fait ses études primaires dans sa commune avant d’entreprendre ses études secondaires à Stockay-Saint-Georges.

"Au moment de choisir mon cursus universitaire, j’hésitais entre le droit et la médecine. J’ai opté pour la seconde. Mais l’année suivante, je n’étais pas convaincu et j’ai finalement fait le droit. J’ai réussi toutes les années sans la moindre seconde session. Déjà à l’époque j’étais intéressé par le pénal plutôt que le reste."

Ses études terminées, il entre en 1988 dans un cabinet d’avocats. "Mon maître de stage n’était autre que Marcel Cools et, très vite, il a compris qu’il ne fallait pas me demander de traiter des dossiers pénaux. En effet, je lui disais souvent, en étudiant le dossier, que j’aurais préféré être au Ministère public que dans la peau de l’avocat de la défense."

C’est donc tout naturellement que Philippe Dulieu quitte le barreau pour le parquet. "Je préférais en effet de très loin être dans cette position. Lorsque vous êtes avocat, vous devez défendre votre client et adopter sa thèse. Le parquet, lui, agit en âme et conscience. Il n’est pas là que pour accuser, il peut aussi requérir des non-lieux."

Les armes, pas la chasse

Une fois magistrat, l’Engissois s’est très vite spécialisé dans les dossiers relatifs aux biens et aux personnes. "Je n’ai jamais fait du roulage ou fais partie du parquet de la Jeunesse ou de la section Écofin. Je me suis également spécialisé dans les matières relatives aux armes. Je suis d’ailleurs quelqu’un qui a pratiqué le tir de longues années. J’aime le tir, son aspect technique, la concentration qu’il faut pour le pratiquer. Mais que l’on s’entende bien. Je ne suis pas chasseur. Je ne saurais pas tirer sur des animaux."

C’est d’ailleurs cette compétence reconnue dans ces matières qui lui a valu de faire partie du cabinet de Laurette Onkelinx, alors ministre de la Justice. "J’étais là comme expert et j’ai pris en charge la loi de réforme sur les armes de 2006."

Le 1er substitut qu’il était à l’époque a ensuite été nommé procureur du Roi à Namur (2011) avant de prendre en charge le parquet de Liège en 2014.

Mais Philippe Dulieu n’est évidemment pas qu’un magistrat. Époux d’une institutrice et papa de trois enfants, l’homme était passionné de moto. "J’ai roulé à moto durant de longues années. Je n’ai d’ailleurs eu que cela pour me déplacer pendant longtemps."

Une justice plus rapide

Mais en 2009, c’est l’accident. "Un automobiliste m’a brûlé la priorité dans un rond-point et je suis passé au-dessus de son véhicule. J’en ai été quitte pour une fracture du poignet. J’ai eu beaucoup de chance." Ce joueur de tennis assidu n’a ensuite plus roulé à moto jusqu’à il y a peu. Il consacre ses étés à faire du bateau. "On avait un petit bateau que l’on tractait tout le temps. Puis, j’en ai eu assez et je l’ai laissé en Croatie dans un hangar. Nous y partons, en famille, les étés et on le ressort pour faire de longues balades."

Son second et dernier mandat de procureur du Roi étant entamé, Philippe Dulieu ne pourra pas se représenter en 2024. "C’est dommage, mais c’est la loi et je la connaissais en postulant. Mais d’ici-là, je compte mener à bien plusieurs objectifs, comme apporter une réponse pénale plus rapide aux justiciables" Après ? "On verra, je n’ai pas de plan de carrière et il est encore un peu tôt pour y penser."

Jean-Michel Crespin