Gazette de Liége Histoire de chez nous Louis XIII et Louis XIV l’ont tenu en très grande estime.

À l’heure où les procédés de paiement se font de plus en plus simples, jusqu’à uniquement faire glisser son téléphone portable devant un appareil, on peut évoquer, Jean Varin, ce Liégeois qui fut Intendant général des monnaies de France sous Louis XIII en 1641. Il devint, sous Louis XIV, Contrôleur et Graveur général des monnaies de France et membre de l’Académie royale. Il est aussi le sculpteur de plusieurs bustes célèbres, notamment Louis XIII, Louis XIV, Richelieu et bien d’autres.

Une grande renommée

Jean Varin est né à Liège en 1607. Il a été baptisé sur les célèbres fonts baptismaux de l’église paroissiale de Liège, Notre Dame aux Fonts (aujourd’hui à Saint-Barthélemy). En 1615, la famille quitte Liège pour Bouillon où le père Varin a été nommé graveur de monnaie pour le prince-évêque de Liège qui était aussi duc de Bouillon. Jean se rend à Paris, en 1625/1626. Il se taille rapidement une grande renommée.

Jean Varin est le premier à généraliser la frappe au balancier des monnaies françaises. Cette technique mécanique remplace la frappe au marteau manuelle et permet de produire des pièces d’une qualité plus régulière. Cette frappe au balancier permet à Jean Varin de produire la série des Louis d’or, le magnifique écu de 60 sols (ou écu blanc) et ses sous-multiples avec le portrait de Louis XIII. Sous Louis XIV, cette technique de fabrication est imposée dans l’ensemble des ateliers monétaires du royaume. Aujourd’hui les monnaies sont frappées à l’aide de presses automatiques. Mais le balancier est toujours utilisé pour la frappe des médailles.

En 1630, Jean Varin épouse une veuve, Jeanne Des jours qui avait deux fils. Le foyer s’agrandit encore de deux fils et de quatre filles. Il avait dû se naturaliser français en 1650 pour pouvoir occuper les hautes fonctions auxquelles l’appelait le roi de France. Sa femme meurt en 1656. Le 26 août 1672, il est terrassé par une mort subite. Son fils François Warin lui succède au poste de Graveur général. En 1690, dans son célébrissime "Traité historique des monnaies", François Le Blanc écrit en évoquant Jean Varin : Jamais les monnaies n’ont été aussi belles, que pendant que cet habile homme, -l’honneur de notre siècle - en a eu l’intendance.

En 1863, à Liège, la rue qui longe le chemin de fer depuis la station des Guillemins jusqu’à la place Général Leman a été baptisée rue Jean Varin. Au cours des siècles, cette rue avait acquis une assez mauvaise réputation. C’est là que l’on voyait, en vitrine, des "petites femmes qui fument" Malgré la construction de la nouvelle gare, la rue, transformée, a conservé son nom.

Il y a de cela plusieurs années, une conseillère communale, évoquant des travaux de voirie, provoqua un rire général en soulignant, en toute candeur, qu’il y avait trop de "nids de poules" rue Varin !


Une chronique de Lily Portugaels