Gazette de Liége

Les avocats de Killian Wilmet, Me Xavier Mercier et Me Sarah Van de Wijngaert, ont contesté jeudi devant la cour d'assises de Liège la culpabilité de leur client pour le fait d'assassinat qui lui est reproché. 

La défense n'a pas contesté toutes les autres préventions reprochées à son client relatives aux sévices graves qui ont été infligés à Valentin Vermeesch avant son décès. Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d'un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'était noyé.

Me Sarah Van de Wijngaert a rappelé que Killian Wilmet était âgé de 16 ans lorsque les faits ont été commis. En aveux sur certains faits, il n'a pas modifié sa version, contrairement aux autres accusés. "Ses déclarations sont éclairantes et limpides", a estimé son avocate.

L'avocate a rappelé que Killian Wilmet avait rencontré Valentin Vermeesch dans les rues de Huy, le soir des faits. Ils avaient décidé de retrouver les autres accusés dans l'appartement de Belinda Donnay. Killian Wilmet admet avoir commis plusieurs sévices, dont ceux qui ont été filmés avec sa tablette, où on l'entend insulter, humilier et forcer Valentin à se masturber.

La défense de Killian Wilmet reconnaît les coups et blessures prémédités, des scènes d'intimidation, des traitements inhumains et des tortures. "Il y a des actes tous plus odieux les uns que les autres, tous reconnus par Killian Wilmet. Il s'agit notamment des brûlures, des coupures avec un rasoir, des coups portés avec des capsules dans la bouche ou encore l'obligation de boire de l'urine. Killian Wilmet doit assumer le calvaire qu'il a fait subir à Valentin", a souligné Me Van de Wijngaert.

Me Xavier Mercier a contesté les préventions liées à l'assassinat de Valentin Vermeesch. "Je suis choqué et horrifié par les actes qui ont été posés. Killian Wilmet assume ce qu'il a fait mais il n'assume pas ce qu'il n'a pas fait et il s'en défend", a expliqué l'avocat.

La défense a contesté la version du ministère public, selon laquelle la mort de Valentin Vermeesch aurait été décidée préalablement par tous les accusés. Selon Me Mercier, cette thèse ne tient pas la route. "Seul Alexandre Hart avait une raison de se débarrasser de Valentin, parce qu'il lui avait fait subir la même chose un an auparavant. Killian Wilmet, comme les autres, n'avait aucune raison de tuer Valentin. Il a participé aux scènes préalables parce qu'il avait conscience de faire mal, parce que cela lui procurait du plaisir et parce qu'il était sous influence d'alcool", a analysé Me Mercier.

Selon la défense de Killian Wilmet, la décision de tuer Valentin Vermeesch a été prise au bord de l'eau par Alexandre Hart. "Hart avait décidé. Il l'aurait fait, avec ou sans le concours de Killian Wilmet. Mais Killian Wilmet n'a pas bougé et n'a pas prêté son aide. Il n'est ni coauteur, ni complice de l'assassinat", a exposé Me Mercier.

Les répliques des différentes parties auront lieu vendredi.