Gazette de Liége

Parmi les grandes qualités du peuple japonais, figure certainement la maîtrise totale de l’art de créer des jardins. Et au centre de cette véritable philosophie, l’aménagement très étudié d’un étang est fondamental. Attention : seuls les vrais connaisseurs y glissent quelques beaux spécimens de carpes nippones, baptisées Koï.

Pas besoin de se rendre dans l’Empire du Soleil levant pour s’en munir. En effet, plusieurs magasins spécialisés existent en région liégeoise. Parmi ces derniers : "Les Eaux de la Mulle", situé à Bettincourt (Waremme). Dominique Dartienne, le propriétaire, sélectionne lui-même au Japon, deux fois par an, les poissons les plus esthétiquement prometteurs. "Les Japonais, grâce aux croisements, ont réussi au fil de temps à obtenir des carpes de différentes couleurs et à créer des pedigrees. En Europe, nous avons aussi essayé mais nous n’avons pas pu obtenir la même beauté", explique-t-il.

Le record : 125000 euros

Intéressé ? Très bien, mais vous devez alors savoir que ces poissons d’apparat peuvent se vendre (vraiment) très cher. "J’achète mes Koï sur place, chez l’éleveur qui gagne le plus de concours, précise Dominique Dartienne. Il élève 4 millions de jeunes par an et en sélectionne seulement 50000 en fonction de leur qualité pour les revendre. Le record pour la vente d’un Koï s’élève à 125000 euros ! Mais dans mon magasin, les plus chers valent 8000 euros. C’est d’ailleurs assez raisonnable pour la Belgique ".

Évidemment, à ce prix-là, le passage inopiné d’un héron vorace peut être un drame financier pour les ichtyophiles de base Il convient donc de protéger son plan d’eau si luxueusement peuplé.

Comment ? En tendant des filets en hauteur, en disposant tout autour de l’étang des détecteurs de mouvement ou encore du fil électrifié. Rassurez-vous, en cas de maladie, notre région compte quelques vétérinaires spécialisés qui peuvent opérer les Koï d’urgence.

Bien entendu, on en a pour son argent. Tout d’abord, sous le climat belge, les Koï vivent environ 70 à 80 ans (jusqu’à 125 ans au Japon). "Et, après quelque temps, ces animaux très sociables viennent carrément manger dans la main de leur propriétaire. C’est très reposant car ils sont très calmes" explique encore Dominique Dartienne.