Gazette de Liége

La Grand-Poste, le Royal Sélys, l’éco-résidence à Herve, la ferme des Hauts-Sarts, le Cadran : derrière tous ces grands projets se cache le même homme, Pierre Berryer. À 45 ans, le promoteur immobilier est à la tête d’une des sociétés les plus influentes du paysage liégeois, "Invest&Corporate". Son dada : le développement de projets immobiliers patrimoniaux. "J’adore faire revivre de vieux bâtiments, les faire renaître en les réaffectant, mettre en valeur le patrimoine wallon", commente le Calidifontain.

Né à Anvers, ce "pur produit belge", comme il aime à se décrire, est arrivé à Liège à dix-huit ans, après des études secondaires à Godinne. Gradué en comptabilité à Ste-Marie, il se lance très vite dans le bain et crée sa première société à vingt ans. "Je suis indépendant depuis mes dix-neuf ans, précise -t-il. J’explique cela par la psychogénéalogie : mon père a perdu son emploi suite à la crise de 83, je ne voulais pas vivre cela". D’abord, des boîtes d’informatique, puis de Telecom, et, déjà, "pour chaque franc gagné, je dépensais le double dans l’immobilier". Avec succès, puisqu’en juin 2003, il rachète "Image et Communication", dont il était actionnaire, pour créer "Invest&Corporate" et se consacrer pleinement à l’immobilier.

Dans ses bureaux du Business Center Longdoz, l’homme d’affaires n’a pas la langue dans sa poche, d’ailleurs, s’il en avait le temps, il "écrirait un livre sur le décryptage de la Wallonie". Les subsides ? "Ils tronquent le dynamisme du privé". Le patrimoine liégeois ? "Pas assez mis en valeur. Regardez les collégiales Saint-Jean, ou Sainte-Croix, laissées quasiment à l’abandon". L’éco-construction ? "On devrait interdire les constructions non passives". La culture, la politique, Pierre Berryer a un avis sur tout, mais un sujet le rend particulièrement intarissable : la longueur des mises en exécution du public. "J’étais certain que les travaux à la Grand Poste auraient débuté en 2009, et finalement, je ne sais même pas s’ils le seront cette année", déplore-t-il.

Passionné par son travail, ce divorcé, père de trois enfants, jongle constamment entre un planning surchargé et une vie familiale bien remplie. "Je dis souvent que je fais un mi-temps : je travaille douze heures sur vingt-quatre", plaisante-t-il. En guise de conclusion, il livre ses secrets de réussite : "La persévérance et le flair".