L'arrêté du ministre de la Santé Rudy Demotte (PS) qui devrait être signé ce vendredi, prévoit de supprimer les unités de cardiologie de certains hôpitaux.

A Liège, le centre hospitalier universitaire et la Citadelle conserveraient leur cardiologie, au détriment de l'hôpital de Huy (CHRH), de la clinique St-Joseph (CHC) et de l'hôpital verviétois Peltzer-La Tourelle.

Pour rappel, la cardiologie se divise en trois agréments. Le «B 1» désigne la coronarographie diagnostique ou visualisation des artères proches du coeur. Le «B 2» est la dilatation coronaire ou la pose de «stents» (petits ressorts permettant de dilater l'artère encombrée). Le «B 3» est la chirurgie cardiaque ou pontage.

St-Joseph, le CHRH et Peltzer possèdent actuellement le «B 1», les deux premiers effectuant également le «B 2» en urgence. A terme, l'arrêté menace de leur retirer l'ensemble du service pour n'y laisser que de la «consultation cardiologique».

Raison invoquée par le ministre: pour pouvoir soigner un infarctus, il faudra désormais être équipé en chirurgie lourde (CHU et Citadelle). Un constat que réfutent les médecins, conscients que les «stents» résolvent de plus en plus de problèmes.

Décisions imminentes

Du côté de Huy, la direction l'a annoncé:

«Si l'arrêté, qui stipule une application immédiate pour le 1 éme r janvier 2007, est signé, nous entamons une action au Conseil d'Etat en demandant la suspension, sur base d'un préjudice grave», déclare Jean-François Ronveaux, secrétaire général. A ses yeux, le CHRH, «est une référence de pointe en cardio pour 200 000 personnes». Il attire l'attention sur «les conséquences dramatiques, en termes de santé et de rentrées financières» que cette mesure engendrerait. «Si l'on doit transférer un patient sur Liège, nous perdons de précieuses minutes!»

A St-Joseph, la décision de suivre ou non l'action au Conseil d'Etat dépendra du conseil d'administration qui se réunit ce soir. Mais la clinique craint que cette première mesure n'engendre, en enfilade, la suppression d'autres services.

A Verviers, Philippe Doppagne, directeur général, «attend de connaître le contenu exact de l'arrêté avant de se prononcer». Peltzer-La Tourelle est, dit-il, «le centre de référence pour tout l'est de la Belgique et cette mesure saturerait les gros hôpitaux liégeois». Il pointe également une «injustice»: selon les décisions du ministre, Namur conserverait trois centres agréés pour 50 000 habitants et Liège seulement deux pour 500 000 habitants.

© La Libre Belgique 2006