Parmi les grands et parfois laborieux dossiers liégeois, on peut pointer celui de la Médiacité, vieux de plus de dix ans et qui a connu un premier coup d’accélérateur au début de l’été 2007. En septembre dernier, la pose de la première pierre du bâtiment de la RTBF, locomotive du projet, a constitué une étape de plus dans l’avancement de ce vaste chantier. Ce projet, imaginé par l’architecte israélien Ron Arad, vise la création d’un véritable pôle récréatif, de commerces et de loisirs sur le site des anciens laminoirs de l’Espérance, au cœur du quartier du Longdoz.

Des atouts certains mais

Les chiffres sont impressionnants : il est question d’une superficie totale de 160000 m2 dont près de 42000 dédiés aux commerces, aux loisirs et à la restauration. À cela, il faut ajouter un complexe cinématographique (sur 6500 m2), une patinoire olympique (sur 7500 m2) et, last but not least, le nouveau centre de production de la RTBF (sur 10500 m2). Tout cela sans oublier la création d’un pôle image de 25000 m2, sorte de cluster dédié à l’audiovisuel, qui constitue le dernier élément d’un ambitieux projet dont l’investissement total avoisine les 300 millions d’euros.

Sur le site web qui est consacré au projet, la société promotrice Wilhelm&Co énonce ce qu’elle estime être ses différents atouts. Outre la création de quelque 1 500 emplois directs, la Médiacité aurait ainsi pour objectif de "faire disparaître un chancre" et de "redynamiser un quartier". À l’origine, les riverains se demandaient le réel plus que la future cité des médias allait bien pouvoir apporter au quartier. Depuis, les conceptions ont évolué mais, comme tout projet d’une telle ampleur, son évolution n’est pas un long fleuve tranquille.

Lors d’un récent Conseil communal, le conseiller Écolo, Guy Krettels, interpellait ainsi le collège au sujet de ce qu’il appelait alors "le far west autour de la Médiacité". Pour lui, "les environs de la future Médiacité ressemblent à une zone dont l’autorité communale se serait retirée". Et ce dernier d’évoquer "le fiasco annoncé de la mobilité dans le quartier" ainsi que "des problèmes de sécurité majeurs". En filigrane de tout cela, ce qui est dénoncé par le conseiller communal Écolo, c’est, comme souvent dans pareils dossiers, "l’absence totale d’information".

Du côté des riverains, le secrétaire de l’association de promotion du Longdoz, Henri Cahay, affirme que "le public se réjouit que le quartier passe à une ère nouvelle". Dans le même temps, celui-ci dit attendre la fin des travaux avec impatience car "un chantier comme celui-ci engendre inévitablement des désagréments pour les riverains". Et Henri Cahay d’envisager principalement le problème de stationnement : "Alors qu’ailleurs, la Ville a prévu 25 pc de parkings riverains, il y en aura 50 pc autour de la Médiacité et il faudra bien cela tant le flux de voitures est déjà important". Ce dernier évoque aussi une déviation du trafic vers le centre sans emprunter la rue Grétry qui est surchargée. Il admet que l’information sur le chantier n’a pas été abondante et annonce l’envoi d’un formulaire aux habitants ainsi que la tenue ce mardi soir d’une réunion avec le promoteur.