La Médiacité ne se résume pas à un beau geste architectural. En effet, derrière ce projet qui sera officiellement inauguré le 20 octobre, il y a quelques chiffres encourageant pour l’avenir liégeois. Une rencontre avec la presse était organisée hier sur le sujet. En vrac : 1200 emplois directs créés, 58000 m2 de commerces, Horeca et loisirs, 126 enseignes commerciales et 310 millions d’euros investis au total.

Mais, au-delà de ces données brutes, la Médiacité devrait jouer un rôle dans le redéploiement économique de toute la ville. Pour Bernadette Mérenne, professeur de géographie économique à l’ULg, "dans les années 60 et 70, la zone d’influence économique de Liège s’étendait à 1,2 million d’habitants. Aujourd’hui, Liège n’en touche plus qu’un million. La Médiacité permettra d’étendre cette zone de chalandise grâce à son architecture et à un assortiment commercial original."

En effet, outre le design audacieux du bâtiment dessiné par Ron Arad, plusieurs enseignes importantes serviront de locomotives. Par exemple, Primark, un des leaders européens de l’habillement, ouvre sa première boutique (5000 m2) en Belgique au sein de la Médiacité. En ce qui concerne le pôle "loisirs", Peter Wilhelm, le promoteur immobilier, annonce l’arrivée d’un partenaire inattendu dans le secteur de l’Horeca. Les négociations sont en cours. Résultat : 7 à 8 millions de visiteurs sont espérés chaque année à la Médiacité.

À l’égard du pôle "médias" du complexe, on s’attend à la création de nouveaux emplois liés au transfert des activités de la RTBF relatives au divertissement. Par ailleurs, les conflits entre actionnaires rencontrés pour la constitution d’un pôle "Image" près de la Médiacité (un cluster d’entreprises actives dans l’audiovisuel, la production numérique, ) semblent révolus, selon Peter Wilhelm en tout cas "Un nouvel administrateur a été désigné pour reprendre les rennes du projet et les différents partenaires ont effectué un premier apport de fonds", a-t-il expliqué. Traduction : le pôle "Image" devrait être recapitalisé. De même, en ce qui concerne l’arrivée de Kinépolis au sein de la Médiacité, le promoteur confirme : "Aujourd’hui, le groupe Kinépolis est preneur. Et nous avons de toute façon un plan B en cas de problème. D’autres acteurs sont demandeurs." Le futur complexe cinématographique devrait compter six salles. "La venue de Kinépolis est la meilleure solution pour Liège. Car, ainsi, au sein d’un même groupe, il n’y aura pas de concurrence avec le complexe de Rocourt", a précisé Bernadette Mérenne.