Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), l’affirmait récemment dans un entretien réalisé par nos soins à l’occasion de son arrivée à mi-mandat communal : "La mobilité est un des facteurs principaux qui font qu’une ville et sa région peuvent prétendre au statut de métropole". Reste la manière dont cette question majeure de la mobilité est gérée par les pouvoirs publics. À ce sujet, les débats n’ont d’ailleurs pas manqué lors de cette législature. Il faut dire en effet que, la plupart du temps, les choix faits en matière de mobilité recouvrent des enjeux importants, qu’ils soient économiques, environnementaux ou même sociaux.

Ce fut le cas en ce qui concerne le dossier de la liaison autoroutière CHB (pour Cerexhe-Heuseux-Beaufays), des initiales aussi célèbres en région liégeoise que celles de BHV. Pour rappel, il s’agit de ce projet de liaison entre les autoroutes E40 et E25 qui, selon les promoteurs wallons, doit constituer "le dernier maillon du ring autoroutier liégeois". Projet vieux de trente ans, il fit rapidement l’objet d’un mouvement d’opposition de la population, réunie au sein du Groupement CHB dès le début des années 80.

Depuis lors, les autorités régionales ont dû compter avec les opposants à ce projet "mammouth" (nécessitant un investissement de 400 millions), jugé "dépassé" par les uns et "indispensable" par les autres. Le mouvement citoyen a pris de l’ampleur avec l’arrivée dans la danse de Greenpeace et d’Ecolo, organisant des manifestations d’opposition autour du slogan "Oui au tram, non à l’autoroute". Autre pierre d’achoppement, et non des moindres, à ce projet : l’avis de la Commission européenne, rendu en 2008 et épinglant l’absence d’une "évaluation stratégique d’impact". Devant tant d’opposition, la décision a été prise par la majorité PS-CDH de "geler" cet épineux dossier CHB jusqu’aux élections, refilant ainsi la "patate chaude" au prochain exécutif régional.

Là où majorité, opposition et citoyens se sont retrouvés, ou presque, c’est sur le retour annoncé par le ministre wallon des Transports, André Antoine (CDH), du tram à Liège. C’est lors d’une communication organisée en février avec l’ensemble des communes concernées que le ministre a présenté un "plan global, intégré et phasé". "Global" car sa volonté est de se placer au niveau de l’agglomération liégeoise, ce dont certains dont Ecolo sont loin d’être convaincus. "Intégré", car son ambition est d’intégrer les différents modes de déplacement, qu’ils soient doux ou non, et enfin "phasé", la première étape consistant en la réalisation, à l’horizon 2015, d’un axe Herstal-Seraing, le plus fréquenté par les bus des Tec.

En ce qui concerne ces derniers, et malgré d’habituelles grèves qui se sont poursuivies - le "service minimum" n’étant encore qu’une idée -, le bilan de fréquentation n’a jamais été aussi bon que sous cette législature. Une nécessaire "intermodalité" entre les différents modes de déplacement apparaît nécessaire à l’aube d’une période où le vélo fait figure d’épouvantail, les communes dont celle de Liège y accordant désormais enfin une attention soutenue.