La rue Spintay fait couler beaucoup d’encre depuis l’annonce de la bourgmestre de démolir les immeubles des n°11 à 31 et 91 à 109, pour cause d’instabilité.

Vendredi dernier, pour rappel, une réunion en visioconférence a eu lieu entre la Ville, l’ASBL Communauté Historia, et le promoteur verviétois Jean-Pol Bollette (ici comme expert du patrimoine), à l’issue de laquelle un moratoire était accordé pour préserver certaines maisons. De quoi faire une fois de plus bondir le défenseur et historien Freddy Joris : "C’est choquant comme la Ville enfume tout le monde en disant qu’elle va essayer de sauver ce qui peut être sauvé", notamment dans la seconde partie de la rue. "Ce que l’échevin Freddy Breuwer est en train de faire ici, c’est contourner un permis !" Un permis accordé à City Mall qui prévoit une rénovation et non une démolition. "Pour l’instabilité, il suffit d’étançonner les maisons, ça coûtera toujours moins cher qu’une démolition."

Quant à la seconde partie de la rue, "les maisons sont inscrites à l’Inventaire du patrimoine. Il n’y a pas de discussion possible !" L’historien soupçonne ici un échange de bons procédés entre le promoteur Jean-Pol Bollette et l’échevin "pour de futurs dossiers".

Par ailleurs, la Ville a promis lors de cette réunion de réaliser un nouveau rapport en stabilité des maisons concernées. Sauf que dans la commande de celui-ci, effectué à la société Ingeo Group, que nous avons pu nous procurer, il est demandé le prix pour un rapport "sur l’état des 17 immeubles restants (33/35, 37, 39/41, 51, 53, 71/73, 75/77, 79/81, 83, 85, 87/89, 91, 93, 95, 97, 105, 107/109)", actant que les immeubles 11 à 29/31 seront démolis par le promoteur, alors qu’aucun permis n’est prévu en ce sens. Le devis s’élève finalement à 7 260 euros TVAC.

Du côté du cabinet de la ministre Valérie De Bue, on apprend que celle-ci étudie positivement le dossier de demande d’inscription sur la liste de sauvegarde de 5 maisons effectuée par l’ASBL. Quant à l’Awap, la fonctionnaire déléguée devrait écrire à la Ville pour l’astreindre à respecter le fameux permis.