Gazette de Liége

Cela fait des années que ce dossier devait sortir des limbes Lundi soir, le collège de la Ville a fait le point lors du Conseil communal sur la piscine de Jonfosse. Soit une Arlésienne qui revenait jusqu’alors d’année en année parmi les grands projets liégeois mais qui ne trouvait pas une issue favorable. Et pourtant, l’érection d’une nouvelle piscine en centre-ville est attendue de longue date et ne serait pas du luxe pour Liège

C’est par un bref historique de ce dossier "important pour la Ville" que l’échevin liégeois des Travaux, Roland Léonard (PS), a débuté son intervention. Il s’agissait de procéder au lancement de l’appel d’offres relatif à la construction et à l’exploitation pour le compte de la Ville d’une piscine sur le site de Jonfosse. Soit un terrain de quelque 3400 m2 préalablement acquis par la Ville et délimité par les rues Jonfosse, Stéphany et Lambert-le-Bègue. Ainsi que l’a rappelé l’échevin Léonard, "le projet initial constituait une charge financière trop importante pour la Ville" et le collège a donc décidé de recourir au partenariat public-privé. Pour Roland Léonard, "le but est tant d’assurer l’équilibre financier du projet que d’offrir aux Liégeois une piscine publique de qualit é".

Clairement, l’idée est donc bien que cette future piscine de Jonfosse remplisse une mission de service public mais il est également prévu une concession de fonctions complémentaires au partenaire privé. Présenté lundi soir par le consultant français chargé d’étudier le programme public de base et la faisabilité d’un partenariat public-privé, le cahier des charges comprend une variante obligatoire relative à cet aspect. Ainsi que ce fut expliqué, il doit s’agir de parking en sous-sol, d’activités liées au bien-être, de restauration voire même de logement. Dans son exposé, le consultant français a épinglé "un déficit structurel qualitatif et quantitatif", estimé à une surface de 2500 m2, de Liège en matière d’installations aquatiques. En outre, ce dernier a explicité le programme public de la future piscine de Jonfosse, évoquant notamment un bassin de nage en ligne de 25 mètres et comprenant six couloirs de même qu’un espace de bains publics de 150 m2. "Il y a une idée d’indépendance fonctionnelle qui doit permettre à différents types de publics de cohabiter", a-t-il ajouté.

La parole fut ensuite donnée par le bourgmestre Willy Demeyer (PS), pour lequel "malgré le plafonnement du subside wallon à 2,5 millions d’euros, la Ville a décidé d’aller de l’avant", aux conseillers, lesquels ne se sont pas fait prier pour critiquer le projet présenté. C’est Alain Leens (Ecolo) qui a ouvert le bal, se réjouissant tout d’abord de la concrétisation d’un dossier vieux de près de dix ans mais regrettant l’abandon de deux aspects du projet initial. À savoir une fosse de plongée de 15 mètres et un bassin d’échauffement digne de ce nom et permettant l’accueil de compétitions de natation. Le conseiller Ecolo se demande aussi, outre la gestion du parking prévu, quel sera l’intérêt du partenaire privé. Une inquiétude qui est aussi largement partagée du côté du MR, lequel parle de "projet au rabais" et épingle également "un problème d’attractivité et donc de viabilité du projet". Le chef de groupe Reynders s’interroge aussi sur les garanties qui devront être celles du partenaire privé tandis que sa consœur Defraigne relève la faiblesse du subside régional eu égard au coût total estimé à 12 millions d’euros.