Des volumes sobres et contemporains, disposés au cœur d’un écrin de verdure de 15 hectares, un mobilier design sur mesure, des technologies innovantes et performantes en matière de domotique et d’économie d’énergie, le domaine des Pléiades, à Visé, émerge de terre. C’est certain, il a de quoi séduire le citadin culpabilisé par son impact environnemental : chaudière biomasse, orientation plein sud, panneaux solaires thermiques, toitures végétales, récupération d’eau de pluie, tout a été pensé, conçu et réalisé pour réduire l’empreinte écologique.

Premier lotissement "thermo-efficace" du pays, les Pléiades devraient donner naissance à 220 logements (appartements, maisons à deux, trois ou quatre façades) respectueux de l’environnement. À la tête du projet, le trio Laurent Minguet, Serge Lejeune et Marc Bonten surfe sur la vague bio-durable. "Nous avons plus de 2 000 logements en projet à Amay, Burenville, Aubel, Dalhem, etc, souligne Serge Lejeune. L’accueil du public est très positif, un quart des habitations sont vendues".

Pour une maison mitoyenne de 130 m², il faudra tout de même débourser un minimum de quelque 250 000 euros (terrain compris) et jusqu’à 700 000 euros pour les maisons les plus luxueuses. Un certain budget et donc une certaine sélection naturelle des habitants visant, comme le prône d’ailleurs le folder publicitaire, "un voisinage agréable".

À 80 kilomètres de là, à Hermalle-sous-Huy (Engis), ce sont 150 logements "durables" qui devraient poindre le bout de leur nez d’ici quelques années, au sein de l’éco-quartier Fontaine Saint-Jean. Avec un prix moyen de 1 475 euros par m² (terrain et finitions compris), le projet semble ici plus abordable. Il faut dire que le propriétaire du site n’est autre que la commune elle-même. "Nous voulions un quartier à la fois écologique et économique, commente Philippe Lhomme, administrateur-délégué de la Régie communale autonome. La préfabrication des matériaux permettra de réduire les coûts, tout en gardant des normes énergétiques performantes". Traversé par le Ravel, doté d’une crèche et de commerces, ce futur quartier promet de "favoriser la mixité sociale par la diversité de ses logements".

Une promesse également prise par la Ville de Liège concernant son projet d’éco-quartier au Sart-Tilman, pour lequel un appel à intérêts avait été lancé en janvier dernier. "Plutôt que de vendre au meilleur prix ce terrain, nous avons souhaité mettre en concurrence différents projets urbanistiques, explique Renaud Kinet, architecte urbaniste. I l y a une réelle volonté de la Ville de se tourner vers le durable et l’écologique. Par éco-quartier, nous entendons davantage une philosophie d’aménagement que des performances techniques, même si la technologie reste importante". Après sélection du projet, les travaux devraient débuter en 2013.

Mais au fait, qu’est-ce au juste qu’un éco-quartier ? Selon l’encyclopédie libre Wikipédia, et ainsi que le rappelle Hélène Ancion, chargée de mission d’Inter-Environnement Wallonie, trois paramètres essentiels existent dans la définition de l’éco-quartier : impact réduit sur la nature, implication des habitants, mixité fonctionnelle et sociale. Une définition dans laquelle ne se retrouvent pas tous les projets précédemment cités.

"La combinaison gagnante s’avère encore très discrète en Wallonie, soutient Hélène Ancion. Bien des lieux ne méritent pas le nom d’éco-quartier. Par exemple, des projets de construction où les logements sont dotés des meilleures techniques disponibles en matière d’isolation, mais où le moindre des déplacements sera confié à la voiture. De même, on se méfiera du remplissage effréné des derniers terrains encore vierges dans des noyaux densément urbanisés. Quant à la notion de concertation, si elle n’a pas été incluse dans la réflexion originelle et n’est pas prévue au programme, elle permet d’éliminer d’office bien des éco-quartiers "de façade". Enfin, doivent être aussi évacués les projets faisant de la mixité sociale, culturelle et générationnelle un argument de vente bientôt démenti par le prix des logements, leur configuration et l’absence d’une structure de services".