Kots : y a-t-il un trop-plein ?", s’interrogeait récemment la "Gazette de Liége" (voir notre édition du 25 mai). En cette période de recherche de logements étudiants, les avis étaient quasi unanimes : Liège compte plutôt trop de kots que pas assez. Passé ce constat général, l’échevin alors en charge de l’Urbanisme, à savoir Michel Firket (CDH), précisait que "l e problème se situerait plutôt au niveau de la qualité des logements proposés". Et ce dernier de faire également référence à la volonté affichée par la Ville de lutter contre le développement anarchique de kots. Un autre souci du collège PS-CDH, lequel fut reconduit, était aussi de regrouper les étudiants au sein de grands ensembles, qui permettraient d’"encadrer le phénomène et de circonscrire les nuisances".

Il faut dire que depuis plusieurs années, les promoteurs privés ont investi le marché liégeois. À commencer par la société City Living, laquelle exploite depuis 2008 un "student hotel" en lieu et place de l’ancien home universitaire Ruhl, sis boulevard d’Avroy. D’autres projets de ce type sont également en cours au niveau de Liège-ville comme celui porté par la société Eckelmans et consistant en la transformation en kots de qualité de l’ancienne résidence André Dumont, sise place du XX août. Si un permis a déjà été accordé et que les travaux sont en cours, ce n’est pas encore le cas pour d’autres projets.

Il faut dire que la création de grands ensembles de ce type - il s’agit le plus souvent d’un nombre important de chambres -, si elle a le mérite de réhabiliter d’anciens bâtiments, se heurte parfois aux réclamations des riverains. C’est d’ailleurs notamment le cas en ce qui concerne le projet "Koteaux" porté par la société MIMOB du promoteur liégeois Laurent Minguet. Ce dernier entendait construire sur le site des anciens Établissements Sacré, au cœur du quartier Saint-Léonard, pas moins de 285 kots. Soumis à enquête publique au printemps dernier, ce projet avait suscité l’ire des riverains ainsi que la désapprobation des services de la Ville et de la Région, amenés à se prononcer sur le sujet. L’échevin Firket estimant que le promoteur allait "un peu vite en besogne" et ce dernier se disant quant à lui agacé par l’attitude de la Ville qui l’avait selon lui encouragé à compléter l’offre haut de gamme du City Living. Toujours est-il que Laurent Minguet a dû adapter son projet initial, passant de 285 à 235 kots, ce qui n’a semble-t-il pas contribué à calmer les riverains. Ce sera donc à la Ville, après une nouvelle enquête publique, de se prononcer sur ce projet, que le nouvel échevin en charge de l’Urbanisme, Jean-Pierre Hupkens (PS), entend traiter comme tous les autres dossiers mais avec une vision globale où l’équilibre urbain doit être préservé.