Après l'annonce d'ArcelorMittal de fermer la phase à chaud liégeoise, Willy Demeyer, le bourgmestre socialiste de Liège, appelle "les forces vives à s'unir aux côtés des travailleurs". "J'ai le sentiment d'un manque de respect d'ArcelorMittal par rapport aux efforts fournis par les travailleurs depuis 2008 et à l'investissement des pouvoirs publics, notamment la Région wallonne, pour préserver l'activité", explique le bourgmestre de Liège, qui dit aussi s'inquiéter quant à l'avenir de la phase à froid. "Il faudra être vigilant."

Willy Demeyer pense également aux milliers de familles qui sont touchées par la fermeture. "C'est évidemment un traumatisme à mettre en parallèle avec le caractère ancestral de l'activité d'ArcelorMittal sur Liège", déclare-t-il.

Le bourgmestre en appelle à la mobilisation. "Nous devons désormais orchestrer l'union des forces vives aux côtés des travailleurs et accélérer les projets de reconversion comme le Trilogiport, même si c'est un peu tôt pour parler de cela", conclut-il.

Le Bourgmestre de Seraing a également réagit: "malgré la rage, ne pas sombrer et rester mobilisé"

"Malgré le sentiment de rage incommensurable provoqué par l'annonce de la direction d'ArcelorMittal, il ne faut pas sombrer mais il faut rester mobilisé", a commenté mercredi soir à BELGA le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot. S'il qualifie de "catastrophique" la fermeture de la phase à chaud, Alain Mathot estime qu'il ne faut pas baisser les bras. "Les forces vives doivent se mettre autour de la table et réfléchir pour tenter de trouver une solution. Nous devons tous nous battre", a-t-il commenté.

Le bourgmestre veut encore y croire. "Avec le ministre Marcourt, nous avons déjà pu convaincre une fois la direction de changer d'avis et de relancer le haut-fourneau. Pourquoi pas cette fois? Si ça ne marche pas, pourquoi ne pas penser à une revente? Les outils sont là et peut-être qu'ils intéresseront un autre groupe... Tout doit être envisagé", a-t-il remarqué.

Alain Mathot précise qu'il est totalement solidaire avec les travailleurs. "La fermeture concerne plusieurs milliers de personnes; au moins 2.000 familles quand on compte les sous-traitants. Ces personnes ont été trompées et on comprend leur colère", a-t-il expliqué, rappelant que lors de l'accord de relance du HF, ArcelorMittal avait annoncé que le groupe réaliserait des investissements pour assurer la pérennité de l'outil si les travailleurs faisaient des efforts.

"Les travailleurs ont accepté le gel des salaires, ont fait preuve de flexibilité, ... Ils ont rempli les conditions demandées mais ArcelorMittal n'a jamais investi un euro pour moderniser l'outil. On peut comprendre la rage des travailleurs", a-t-il souligné.

Le bourgmestre précise que la Ville de Seraing est aux côtés des travailleurs et est prête à participer, avec eux, aux actions qui seront menées "en évitant cependant les débordements qui n'apporteront rien".

Alain Mathot affirme enfin qu'il n'a pas été informé de la décision d'ArcelorMittal. "Je me rappelle que mon père (Guy Mathot, NDlR) disait qu'un des jours les plus horribles de sa vie était quand il a été reçu à Arcelor à Luxembourg pour annoncer une fermeture. Il s'était senti comme un moins que rien", a-t-il conclu.