Commerces Des files à la boulangerie et des commerçants résignés…

Ambiance étrange, ce mercredi matin au centre de Liège. Après l’annonce du gouvernement fédéral, confirmant un confinement renforcé dès ce mercredi midi jusqu’au 5 avril, de nombreux commerces qui, jusqu’à présent, avaient gardé leurs portes ouvertes, s’apprêtaient à fermer boutique. Ce mardi déjà, l’ASBL du Commerce liégeois évoquait un taux de fermeture de 60 %. Désormais, seuls les magasins d’alimentation, les pharmacies, les coiffeurs (sous de strictes conditions) et les librairies (et les night shops) pourront rester ouverts.

"Je vais mettre une affiche indiquant que je peux toujours livrer… mais je ne le cache pas, c’est une terrible nouvelle", nous confie la gérante de Jasminade, fleuriste du centre de Liège. Perte sèche : ses fleurs coupées… "Pour le reste, je viendrai arroser une ou deux fois la semaine ." Comme beaucoup d’indépendants, cette commerçante fera appel au "droit passerelle" qui doit lui permettre de toucher une allocation de chômage en cas de fermeture forcée de plus de 7 jours. "Mais si cela dépasse trois semaines, ce sera la catastrophe."

Dans ce salon de coiffure de la rue de la Casquette on compte trois employés. Pour le patron, "il faudra sans doute procéder à du chômage technique parce que désormais, un seul coiffeur suffit". Et de nombreux autres commerces de s’interroger comme ces librairies spécialisées dans les bandes dessinées : "Sommes-nous concernés lorsqu’on dit que les librairies peuvent rester ouvertes ? Je ne le crois pas, commente Leslie de BDScope. De toute façon, nous avions déjà une baisse du chiffre d’affaires de 30 %."

Devant d’autres magasins, comme ce commerce de cigarettes électroniques ou cette boulangerie, les files s’allongeaient ce mercredi matin. Quelques heures plus tard à peine, Liège était une ville… morte !

La galerie Médiacité était un autre exemple du genre… ici, on ne comptait ce mercredi que 2 commerces ouverts sur 124, une librairie et un supermarché. Les supermarchés étaient d’ailleurs bondés ce mercredi. Comme au Cora de Rocourt bien sûr… ou comme à Jemeppe où on se serait cru en pleine période de guerre… Ici, ce sont des gardes à l’entrée qui organisaient le tout : pas plus d’une personne à la fois et chacun son caddie, de manière à assurer une distance de sécurité. Sans parler des gants et du produit désinfectant… Et ce n’est qu’un début.

M.Be, J.Def., L.S. et M.S.