C’était le 21 juin : plus de trois ans après l’explosion au gaz de la rue Léopold, la Ville de Liège décidait de lancer un appel à intérêts en vue de la reconstruction des parcelles sinistrées. L’idée était de concrétiser la première phase du plan de rénovation urbaine adopté par le Conseil communal et visant le redéveloppement du quartier. Un quartier dont l’étude réalisée par le bureau Baumans-Deffet a mis en évidence les difficultés et qui a un important besoin de renouveau. Ce renouveau, architectural et urbanistique en l’espèce (une nouvelle dynamique commerciale et résidentielle est aussi recherchée dans le quartier), la Ville semble vouloir l’insuffler en débutant par ce site emblématique localisé au cœur de la ville.

C’est la procédure de l’appel à intérêts, consistant en une sorte de concours réservé à des équipes pluridisciplinaires, que cette dernière a choisie afin de mener à bien la reconstruction de la dent creuse de la rue Léopold. Le but étant de sélectionner en deux phases le meilleur projet sur base de l’appel à candidatures qui fut lancé et qui était destiné à des "bouwteams" de concepteurs et de promoteurs. C’est à ces derniers que la Ville cédera ensuite les parcelles concernées et dont elle s’est rendue propriétaire, à savoir les numéros 18 et 20 de la rue Léopold ainsi que 7, 9 et 11 de la rue de la Madeleine. Les dossiers de candidature devaient être rentrés à la Ville pour le 18 novembre au plus tard avant d’être ensuite soumis à l’appréciation tant de l’administration que des édiles.

Aux dires de Renaud Kinet, directeur du département de l’urbanisme, six projets ont été déposés. Au sujet de la procédure, ce dernier évoque "un package global" dans le chef des auteurs de projet et l’objectif "de choisir un projet et son réalisateur". Une fois le candidat désigné, la Ville lui cédera une superficie au sol de 350 m2 pour un prix, qualifié de relativement avantageux, de 130000 euros.

Au rayon des projets, si l’on n’en sait pas encore beaucoup plus sur les cinq autres, il en est un qui ne manque pas de surprendre. Il est l’œuvre de l’ingénieur liégeois Pierre Arnould qui s’est associé pour l’occasion à deux jeunes architectes et urbanistes. Mais pas encore question de promoteur, et pour cause… Ce projet concerne en effet à la fois la reconstruction à des fins culturelles du site concerné, la réhabilitation des immeubles voisins, la construction de logements de l’autre côté de la rue et l’aménagement des abords immédiats. "Le cahier des charges précise que les fonctions à prévoir sont indicatives. Nous optons pour une destination culturelle", explique Pierre Arnould, qui y voit bien le futur centre muséal dédié à Simenon. Et d’estimer que dans l’optique d’une organisation voulue plus cohérente du projet, une surface utile de 3000 m2 est nécessaire. La proposition de l’ingénieur liégeois intègre également la suppression évoquée dans l’étude Baumans-Deffet de la gare des bus Léopold et une nouvelle affectation pour la place du commissaire Maigret.