La "Gazette de Liège" du 3/09 a évoqué les menaces planant sur les activités de triage de la gare de Kinkempois. Certains acteurs économiques liégeois s’inquiétaient du renvoi vers Anvers de la fonction de regroupement des wagons de marchandises : le futur Trilogiport, qui associe la voie fluviale au rail et au camion, risquait à leurs yeux d’en souffrir.

Pas du tout, nous avait répondu le porte-parole de la SNCB qui expliquait que Kinkempois, au contraire, devait être développé comme un centre de tri majeur en Wallonie. Par ailleurs, notre article évoquait la mise hors service du triage des wagons par "gravité" (en résumé, grâce à une pente douce). La SNCB avait affirmé que ce système allait être remplacé par un autre nettement plus performant.

Rebondissement dans ce dossier : "ces affirmations de la SNCB sont complètement fausses, déclare Jean Lenaerts, permanent régional de la CSC Transcom. Le manager pour Liège de B-Cargo, l’opérateur de la SNCB chargé du transport des marchandises, va réunir son personnel ce lundi pour lui annoncer la mise en œuvre du plan qui consiste notamment à ramener le fret diffus vers Anvers." Parenthèse : par "fret diffus", il convient d’entendre les wagons de marchandises isolés que l’on doit rassembler en un point de triage pour composer des trains complets.

En effet, pour le syndicat chrétien, 50 % de l’activité de triage de Kinkempois seront ainsi transférés au nord du pays. En outre, la fermeture de l’atelier d’entretien des wagons et la réduction de l’activité d’entretien "machine" à Kinkempois devraient provoquer au total la perte de 200 postes de travail à Liège, indépendamment de la crise économique

Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de difficultés financières pour B-Cargo. L’opérateur "fret" avait décidé de réorganiser la gestion des wagons isolés qui représente 25 % de son tonnage total et pour laquelle les besoins en main-d’œuvre sont plus importants que pour les trains "complets".

Mais revenons à Liège : l’inquiétude de la CSC dépasse le cas du site d’Angleur : les mesures de B-Cargo pourraient provoquer l’abandon et le démantèlement d’une grande partie des infrastructures en région liégeoise. "Le plan industriel de B-Cargo n’est pas illogique, Anvers capte déjà 70 % du trafic diffus, reconnaît Jean Lenaerts. T outefois, il faudrait au minimum entretenir le réseau liégeois en attendant le Trilogiport."

En effet, la CSC rappelle l’importance que revêtent pour la Cité ardente les activités liées à la logistique et, plus particulièrement, le Trilogiport (Hermalle-sous-Argenteau) qui devrait gérer l’évacuation par rail de 80000 conteneurs par an. En conséquence, la CSC préconise qu’aucune mesure irréversible pour l’avenir du fret ferroviaire à Liège ne soit prise par l’opérateur de la SNCB.

Plus généralement, le syndicat chrétien propose de sortir ce réseau logistique du giron de B-Cargo, société soumise à une logique commerciale, et de l’attribuer à Infrabel, qui gère les infrastructures ferroviaires belges. Et qui a le mérite, aux yeux de la CSC, d’être une entreprise de service public.

Enfin, le syndicat "vert" appelle à un renforcement du rôle des régions en matière ferroviaire, "comme c’est le cas pour les terminaux aériens et portuaires", estime encore la CSC.