Le haut-fourneau d'ArcelorMittal Liège (HFB) est à l'arrêt depuis mardi matin à la suite d'un mouvement de grève dont les répercussions se font sentir dans toute la phase à chaud liégeoise. En réponse, la direction d'ArcelorMittal Liège a annoncé l'arrêt de tous les investissements dans la phase liquide, estimant que la confiance est "rompue". La grève qui a éclaté ce mardi trouve son origine dans des revendications salariales de travailleurs du haut-fourneau ainsi que dans des problèmes liés à la sécurité, a-t-on appris auprès des syndicats CSC et FGTB.

"Les revendications des travailleurs sont plus que légitimes. On est prêt à négocier mais la direction traîne depuis trop longtemps. Ces derniers mois, les travailleurs ont relevé des défis énormes. C'est dommage que la direction ne fasse pas la même chose", a expliqué à l'agence BELGA David Camerini, président de la délégation CSC-Metal d'ArcelorMittal Liège.

Si les outils de la phase à froid tournent normalement, l'arrêt de la phase à chaud pourrait, dans les heures prochaines, paralyser à son tour la phase à froid qu'elle alimente. De son côté, la direction d'ArcelorMittal a annoncé mardi, dans une lettre ouverte au personnel des sites liégeois du géant sidérurgique, l'arrêt de tous les investissements dans la phase liquide. "Nous ne pouvons pas investir dans un outil qu'on détruit. Nous avons donc décidé l'arrêt de tous les investissements dans la phase liquide, tant que nous ne retrouvons pas un fonctionnement social correct", écrit la direction.

Tout en rappelant que le phase liquide a subi trois arrêts sociaux depuis un mois (les 25 janvier, 18 février et ce mardi, ndlr), la direction souligne également que l'arrêt de travail de ce mardi s'est déroulé "alors même que des discussions sont en cours" et "qu'il n'y a pas eu de conciliation". "Aujourd'hui, nous avons franchi la ligne rouge. La confiance est rompue. Une réunion était prévue ce mardi au niveau européen pour faire le point sur nos projets d'avenir. Elle a dû être annulée en dernière minute", déplore encore la direction.

La grève nationale prévue vendredi contre le projet d'accord interprofessionnel, à l'initiative de la FGTB et de la CGSLB, devrait à nouveau perturber fortement la sidérurgie liégeoise.