Les gens sont comme ça. Il suffit que le fruit d'un arbre généalogique, qui ne se refuse pas, ait glissé une particule dans un patronyme pour qu'immédiatement des filiations, sinon douteuses à tout le moins faciles, se fassent dans leur esprit. Comme s'il suffisait de déposer sa carte d'identité comme bras de levier d'un dossier de candidatures. Et le tour est joué...

D'un air naturel davantage amusé que las, Cédric Visart de Bocarmé aime à rappeler que s'il est bien issu d'une famille nombreuse, sa mère n'avait pas assez de ses deux mains pour l'élever alors que son père aviculteur de son état n'imaginait pas qu'un jour son fils aurait affaire à ceux que l'on surnomme aussi des «poulets».

Les Frères et la dissertation

Ceci dit, il aime bien tordre le cou aux canards en précisant à ceux qui les représentent que, «non», il n'est pas Namurois de souche, quoiqu'il y soit domicilié, mais Wavrien, donc brabançon wallon affirmé. Et que «oui» son nouveau bureau de procureur général est suffisamment grand -tout le monde ne peut en dire autant dans le vétuste et vénérable palais de justice- mais bien trop beau pour y installer des meubles d'archives un tant soit peu fonctionnels.

Que Monsieur Visart de Bocarmé soit un homme bien élevé, cela ne fait aucun doute. Mais cela ne s'est pas fait tout seul, non plus.

A la rigueur de l'Internat de St-Bertouin et à celle des Frères de Malonne en matière, fondamentale, de dissertation, s'est ajoutée, mais plutôt sur le tard, une envie du Droit qu'il a couplée d'une volonté de voir du pays, genre «Guide du Routard». A moins que ce ne soit du «soixante-huitard».

Une façon élégante de dire qu'il n'a jamais eu de seconde «sess» («sauf une petite, en première année») et qu'il a eu très tôt le goût du terrain. D'ici ou d'ailleurs.

Il a, par exemple, exercé plusieurs missions pour l'Union européenne dans ces pays qui frappent aux portes de l'Europe comme la Géorgie, l'Arménie ou l'Azerbaïdjan où l'on n'aime pas trop les coups bas. «Ici, on se plaint, parfois à juste titre, mais là-bas il n'y avait pas de quoi photocopier mon syllabus...».

Son (court) passé de «cabinard», il l'a surtout vécu comme un «technicien» désireux «de faire avancer les choses» bien qu'il garde un regard lucide sur certaines moeurs politiques (lire ci-dessous).

Plus un «deus ex machina»

Son plus grand souhait est d'ailleurs de développer cet esprit de concertation qui anime le collège des procureurs qui ne doit plus être un «deus ex machina». Fût-elle judiciaire.

© La Libre Belgique 2005