Chronique

Le Monument National à la Résistance est un monument national ayant le même statut que le Soldat inconnu. Dans le reliquaire repose un résistant inconnu. Par conséquent, il est soumis aux mêmes droits et devoirs que le monument de Bruxelles. Malheureusement, ce monument ne jouit pas de la même reconnaissance que son homologue bruxellois. Nous voulons restaurer l’image de ce symbole de la résistance."

C’est en ces termes que le conseil d’administration de l’asbl Monument national à la Résistance (MNR), lance un appel à la reconnaissance de l’ensemble de sculptures qui évoque la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale. Lors du cinquantième anniversaire de la libération des camps de prisonniers, le regretté Pierre Clerdent, président du conseil d’administration du MNR, avait rappelé que ce Monument national, installé à Liège, était le fruit d’une décision unanime de tous les groupements de résistance belges. Liège avait été reconnue comme le lieu symbolique de la mémoire de la lutte clandestine contre l’occupant. Le 8 mai 1955, le Monument national à la Résistance en hommage à l’action des civils dans la lutte contre l’Allemagne nazie est inauguré dans le parc d’Avroy, à hauteur des terrasses. Un monument simple et impressionnant dû à l’architecte Paul Etienne et au sculpteur Louis Dupont.

D’un côté, un groupe monumental évoque la Résistance armée; de l’autre, deux personnages dont une femme (ce qui est exceptionnel dans ce genre de monument) évoque la résistance intellectuelle. Entre les deux groupes, une volée de marches descend vers une urne reliquaire en bronze qui contient des cendres de résistants inconnus recueillies au camp de Flossenburg. Sur les flancs du reliquaire des figures gravées évoquent la presse clandestine et les services de renseignements. Sur le socle soutenant l’urne sont gravés les blasons des neuf provinces belges.

Il est vrai que lorsqu’on interroge des Belges du Nord ou du Sud et même des Liégeois, ce monument, malgré son caractère national, est fort méconnu. On peut donc se réjouir de la volonté du nouveau conseil d’administration mis en place après la mort de Pierre Clerdent, de mettre tout en œuvre pour mieux faire connaître cet ensemble et ce qu’il représente. Notons que le président actuel est Paul Brussson (président national de l’Union des prisonniers politiques), le vice-président francophone, Paul Tasset (avocat et président national de l’Interfraternelle des Brigades d’Irlande) et le vice-président néerlandophone, le Colonel (Hre) BEM Guido Van Poucke (président de la Fondation Armée Secrète 1940-1945).