Liège En 2010, "seuls" 132 revenus d’intégration "de rue" étaient délivrés par le CPAS.

l se prénommait Marc et, voici une semaine, son corps fut retrouvé, sans vie, boulevard de la Sauvenière. À Liège, le visage de ce SDF de 37 ans, sans histoire, était connu. Il avait pour habitude de poser son sac rue de la Casquette ou à l’ombre de l’Opéra ; les hommages furent nombreux. Mais ils ont aussi relancé le débat sur le "sans abrisme" et la mendicité.

Lors du conseil communal de ce lundi soir, certains élus ont notamment réclamé des avancées concernant le projet "Liège zéro sans abrisme" (lire en page suivante à cet égard).

Le constat est sans appel

Mais si la problématique semble plus actuelle que jamais à Liège… est-ce bel et bien une réalité ? Nous nous sommes procuré les derniers chiffres officiels, datant de 2019 et relatifs à la précarité de rue. Et le constat est sans appel : le nombre de SDF a explosé ces dernières années.

En effet, si en 2010 le nombre de revenus d’intégration dits "de rue" délivrés par le CPAS était de 132, il est aujourd’hui de 502, soit près de quatre fois plus. Un chiffre qui ne tient donc compte "que" des SDF recensés par la Ville. Ils sont en réalité plus nombreux…

"Ce RIS de rue est en fait un RIS classique mais délivré à des personnes qui n’ont pas de domicile… et qui sont donc reconnues comme liégeoises puisqu’elles vivent dans les rues de Liège", explique Marie-France Mahy, la présidente du CPAS.

Principalement "isolées", ces personnes touchent donc 928 euros, "mais pour éviter le deal, les pertes et d’autres risques, cet argent leur est donné en trois fois", précise la présidente qui évoque, en marge de cette aide financière, une aide logistique et sociale. "Il y a l’aide d’urgence comme l’accès à un téléphone et à un repas, une mise en ordre administrative ou encore l’aide à l’affiliation à une mutuelle pour l’accès aux soins de santé". Entre autres.

Un travail conséquent

Un travail conséquent, d’autant que le nombre de personnes précarisées a donc considérablement augmenté à Liège ces dernières années. La question est bien sûr : pourquoi ? "Les critères pour obtenir ce RIS sont les mêmes qu’avant mais la pauvreté croît en Wallonie et en Belgique", constate encore Marie-France Mahy… Le nombre de SDF est simplement plus important.

Quant à cette présence de nombreux SDF à Liège ville, c’est une fois de plus l’effet de centralité d’une métropole qui la provoque. Liège est une ville qui dispose de nombreux chalands, de nombreux services mais aussi d’un réseau d’aide plus dense qu’ailleurs…

"Actuellement, nous travaillons à la mise en place d’une recherche efficace des indicateurs comme l’origine des personnes à la rue ou le profil de celles-ci", poursuit la présidente du CPAS. Pour que la problématique soit assumée, autant que possible, par l’ensemble des pouvoirs publics et plus uniquement par un CPAS déjà surchargé.

Marc Bechet