Liège Le collège a pris une décision qui ne sera que… très modérément appréciée par les habitants…

Le Collège communal de la Ville de Liège s’est réuni ce vendredi et a pris des décisions concernant les 53 taxes qui vont frapper le citoyen liégeois. En matière de taxes urbaines ménages et taxe urbaine kots, autrement dit, les poubelles, la majorité PS-MR, contrainte de respecter le coût-vérité, n’y est pas allée avec le dos de la cuiller…

Le Collège a ainsi pris la décision de majorer la taxe urbaine ménages. La partie forfaitaire est ainsi modifiée comme suit :

Ménages (de + d’1 personne) au taux plein : le taux passe de 140 à 165 euros.

Isolés au taux plein : le taux passe de 85 à 100 euros.

Ménages (de + d’1 personne) au taux réduit : le taux passe de 39 à 45 euros

Isolés au taux réduit : le taux passe de 26 à 30 euros.

Notons ici qu’environ 15 000 ménages (sur 100 000) bénéficient de ces taux réduits.

Pour ce qui concerne la taxe urbaine kots, le taux passe de 85 à 100 € également.

L’augmentation pour la partie mobile est plus sensible encore puisque le coût du sac-poubelle additionnel passera de 1 euro à 1,50 euro.

"Les statistiques en la matière tendent à prouver que ces sacs additionnels sont majoritairement achetés par des non Liégeois qui ne paient donc pas la taxe urbaine", explique le collège communal. Sont ici visés, les étudiants en kot non déclarés comme tels, les institutions qui n’ont pas de contrat avec un collecteur privé ou les citoyens d’autres communes qui trouvent un intérêt à utiliser les sacs jaunes de Liège plutôt que le conteneur à puce utilisé dans leur commune.

Une partie des recettes générées sera investie dans la propreté. Ce sera notamment le cas avec l’engagement prévu d’agents constatateurs pour lutter de manière plus volontariste contre les incivilités comme les dépôts sauvages.

Les investissements dans le matériel (conteneurs, bulles à verres enterrées…) et dans l’équipement (balayeuses et avaleuses) vont également se poursuivre.

Cout-vérité

Si cette décision permet de respecter le décret wallon tout en augmentant le niveau de service, la Ville de Liège souhaite aussi revoir en partie le modèle actuel pour s’assurer que tous les acteurs concernés contribuent suffisamment et ainsi faire diminuer les charges portées aujourd’hui par les citoyens liégeois.

Enfin, le Collège estime que le système actuel du coût-vérité pénalise l’effet de centralité de Liège car si le mécanisme du coût-vérité a tout son sens d’un point de vue environnemental, il faut constater qu’il considère une ville comme Liège (pôle économique, scolaire, commercial, touristique…) sur un même pied qu’une commune de quelques milliers d’habitants. Or, en cette matière comme dans d’autres, la Ville de Liège doit supporter des coûts liés à sa centralité et in fine, les répercuter sur les ménages liégeois.

Le Collège va solliciter une rencontre avec la Ministre de l’Environnement, Céline Tellier, pour plaider une meilleure prise en compte de la réalité des villes dans le cadre de la politique wallonne des déchets.

Ces augmentations sont majoritairement dues à l’annonce par Intradel d’augmenter elle-même ses tarifs, ce qui représente environ 700 000 euros pour la ville de Liège rien qu’en 2020.

"Depuis de nombreuses années, la Ville de Liège est parvenue à garder l’équilibre sans augmenter la taxe annuelle", conclut le collège. "Elle a même diminué en 2015, passant de 155 € (dans le cas d’un ménage) à 140 € alors qu’elle était déjà de 145 € en… 2003.