Patrimoine Un riverain opposé réclame l’annulation de la vente et le refus du permis.

C’est un nouvel épisode dans la saga relative à la Maison Près la Tour. Laquelle, sise au sein du cœur historique de Huy, fait partie des plus anciennes constructions civiles de la ville. Depuis fin 2015, après de longues années d’errance de l’immeuble, dont une partie est par ailleurs classée, une solution a été trouvée. Et ce par la Ville, propriétaire du bien, laquelle a décidé de lancer un appel à intérêts afin de pouvoir le rénover.

En effet, à en croire le bourgmestre Christophe Collignon (PS), "la Ville ne pouvait pas investir les montants nécessaires". Et ce, au vu de l’état du bâtiment qui est jugé inquiétant par d’aucuns tandis que d’autres ne sont pas de cet avis. Mais les autorités communales, lesquelles ont également reçu l’aval de la Région wallonne pour ce faire, n’en ont eu cure.

C’est ainsi qu’il a été décidé, lors d’une séance du conseil communal qui s’est prononcé à l’unanimité à ce sujet, de procéder à la vente. Pour un montant d’un euro symbolique, malgré une estimation notariale avoisinant les 50 000 euros, à l’architecte liégeois Pascal Dumont.

De quoi déclencher à l’époque l’ire d’une poignée de riverains parmi lesquels Frédéric Baldan, en conflit ouvert avec la Ville. Et ce dernier, faisant en l’espèce le parallèle avec le dossier du Quadrilatère, d’estimer que les édiles "bradent" le patrimoine local.

"Une lésion à l'intérêt général"

De l’eau a certes coulé sous les ponts de la cité mosane mais cela n’a pas apaisé sa colère. En effet, alors même que vient de se terminer l’enquête publique relative à la demande de permis unique en vue de transformer le bâtiment, le principal intéressé remonte au créneau.

C’est ainsi qu’il a envoyé un courrier à la Ville de Huy réclamant ni plus ni moins que l’annulation de la vente et le refus du permis. "Je pense que le conseil communal a été trompé et que Monsieur Dumont ne respecte plus les conditions de la décision qui a été prise", dénonce-t-il, évoquant même "une lésion à l’intérêt général".

Parmi ses griefs, figure le fait que c’est désormais une SPRL qui est à la manœuvre du projet. En outre, il s’interroge sur le fait que l’investissement prévu est plus important. De quoi lui faire craindre une volonté de plus-value immobilière ainsi qu’une "privatisation" de la Maison Près la Tour, laquelle doit pour rappel avoir à terme une vocation culturelle. "La Ville veillera à ce que les conditions soient remplies", affirme le bourgmestre.

Bruno Boutsen