Gazette de Liége

La "Gazette de Liège" l’a déjà évoqué à plusieurs reprises : parmi les projets immobiliers du promoteur liégeois Laurent Minguet, il en est un qui fait particulièrement jaser. Il s’agit pour rappel (voir nos éditions du 5 mai et 15 décembre derniers) de celui ayant trait à la construction dans le quartier en renouveau de la Chartreuse, rue Joseph Dejardin, de 16 logements dits "à très basse énergie". Ce projet, dû à l’architecte liégeois Pierre Sauveur, est conforme selon Laurent Minguet à sa volonté affichée de "construction durable" et on y retrouve d’ailleurs le concept dit "thermo-efficace" qu’il a développé ailleurs. Si la vocation écologique dudit projet, qui a reçu l’aval du ministre wallon en charge, à savoir Philippe Henry (Ecolo), au travers d’un permis d’urbanisme accordé sous conditions, ne semble pas poser de problème, c’est moins le cas concernant la question des gabarits, jugés disproportionnés.

Rapidement, épinglant de nombreuses dérogations au plan communal d’aménagement (ce que conteste le promoteur), les riverains ont réagi, se structurant et décidant d’introduire un recours au Conseil d’Etat. Un recours qui fut même couronné de succès puisque, ainsi que la "Gazette" l’écrivait en mai dernier, le Conseil d’Etat, se basant sur le rapport préalable de l’auditeur, a rencontré les objections émises par les riverains. Mais outre les habitants du quartier, la Ville de Liège n’a pas réagi positivement à ce projet, dénonçant par la voix de l’échevin de l’Urbanisme Michel Firket (CDH), lui-même interpellé par un conseiller communal en décembre dernier, un permis accordé de manière excessive et hasardeuse compte tenu de "l’excessive densité du projet".

La Ville décidait donc elle aussi de se pourvoir devant le Conseil d’Etat mais son recours ne fut pas introduit conformément aux prescrits légaux puisque l’action d’ester en justice dans ce dossier immobilier fut décidée avant d’être avalisée par le conseil communal. Une irrégularité soulevée par la juridiction administrative. Mais au grand dam de Laurent Minguet, la Ville n’a pas désarmé puisque selon les informations qui nous sont parvenues, un nouveau recours vient d’être introduit en bonne et due forme.

De son côté, le promoteur liégeois, lequel avait évoqué un phénomène Nimby, ne cache pas son exaspération, ironisant sur le fait que "la Ville s’inquiète du sort d’un frêne sauvage sans tronc qui a poussé dans la zone de construction". Et de poursuivre : "Elle sort des arguments grandiloquents pour qualifier de disproportionné et monstrueux la hauteur des immeubles alors que la plupart des maisons du quartier la dépassent". "Que dire du projet soutenu par la Ville d’une tour de 128 mètres de haut ?", s’énerve Laurent Minguet. Enfin, parlant d’acharnement, il épingle le fait que l’échevin de la Culture est un riverain direct du projet. Ni ce dernier, ni l’échevin Firket, ni le bourgmestre faisant fonction Jean-Géry Godeaux n’ont souhaité réagir.