Liège Une illustration concrète avec ces visières adaptées aux personnes sourdes et malentendantes.

Sans nul doute, la crise sanitaire que nous vivons actuellement n’est pas toujours facile à vivre. Et si elle a des conséquences économiques, elle en a également d’autres, d’ordre social, éducatif…

C’est ainsi qu’alors que les écoles ont rouvert partiellement leurs portes, de même que les consultations non urgentes dans les hôpitaux, le secteur du handicap est lui aussi concerné. Et il doit donc s’adapter à une situation compliquée.

C’est notamment le cas du Centre médical d’audiophonologie, soit une ASBL qui est située à Montegnée. Laquelle est un centre de réadaptation ambulatoire "ouïe parole" qui fait l’objet depuis sa création d’une convention avec l’Inami.

Environ 200 patients

Agréé depuis lors par l’Aviq et spécialisé dans le domaine de la surdité, ce centre accueille en temps normal environ 200 patients. Lesquels présentent une surdité congénitale ou acquise, un trouble développemental du langage ainsi qu’une surdité appareillée avec un implant cochléaire.

Employant une cinquantaine de membres du personnel, qu’ils soient ORL, audiologues, logopèdes, psychologues…, il propose une prise en charge multidisciplinaire.

Tant dans la manière de l’appréhender que dans le contact qui reprend progressivement avec les patients, l’équipe du centre a dû s’adapter. "On a repris tout doucement nos consultations", confirme d’ailleurs sa directrice Brigitte Lejeune.

Laquelle fait état de sentiments en sens divers, entre une certaine impatience et une peur voire une appréhension évidente quant à la situation, dans le chef des personnes concernées. Parmi elles figurent surtout des enfants.

À cet égard, le centre, unique en son genre en province de Liège, a cette particularité d’organiser également un enseignement spécialisé au niveau maternel et primaire. Et les cours ont donc seulement repris en sixième primaire.

Afin de communiquer de manière optimale, il est essentiel pour les personnes sourdes et malentendantes de pouvoir voir le visage de leurs interlocuteurs. C’est ainsi que, par le biais du conjoint d’une employée, les ateliers de l’Opéra royal de Wallonie ont été sollicités.

Ils ont fabriqué, au moyen d’une imprimante 3D et avec du plastique recyclé, des visières de protection, utilisées depuis le 4 mai.

Comme expliqué par Brigitte Lejeune, ces visières sont un palliatif au manque de masques adaptés. Lesquels doivent idéalement être transparents afin de montrer l’expression du visage et les mouvements des lèvres, sans les modifier et sans reflet.

Or à l’heure actuelle et à en croire cette dernière, les masques avec écran transparent ne sont pas facilement disponibles en Europe. De quoi donc avoir accueilli positivement les visières qui ont été fournies par l’ORW.

Bruno Boutsen