Le 29 mai dernier, la Société régionale wallonne du transport (SRWT) conviait les Liégeois à prendre connaissance du projet relatif à la première ligne du futur tram. À savoir, outre le tracé, qu’il soit complet ou qu’il s’agisse du tronçon central, les mesures de mobilité qui doivent l’accompagner. Après une première série de réactions en tous sens, dont la "Gazette" a déjà fait écho (voir notre édition du 15 juin), c’est l’Association de quartier Saint-Jacques-Avroy qui a tenu à émettre ses observations. Et le moins que l’on puisse dire est que, s’il ne se prononce pas contre le tram en tant que tel ni même a priori contre le tracé envisagé, le comité présidé par Marcel Stiennon n’est pas tendre envers le plan de mobilité général. "Le plan qui a été concocté depuis Namur, sans aucune consultation préalable des comités de quartier, n’est pas un plan de mobilité mais bien d’immobilité", lance ainsi ce dernier, évoquant "un risque de paralysie et de blocage du centre-ville liégeois".

À l’appui de ses dires, le comité de quartier Saint-Jacques-Avroy donne plusieurs exemples dont l’absence de liaison directe, tel que cela est prévu dans ledit plan, entre les quais et le boulevard Piercot d’une part et la rue des Augustins ainsi que le Jardin botanique d’autre part. Autre situation qui risque de se révéler problématique à l’avenir : le fait que l’on ne pourra plus accéder au Cadran, via la place Saint-Lambert, depuis le boulevard de la Sauvenière. D’autres exemples sont encore évoqués, comme l’absence de passage depuis les quais par les rues de la Cité et Léopold ou encore la coupure entre les quartiers de Bronckart et de Fragnée. En résumé, selon Marcel Stiennon, "on profite de l’occasion donnée par le projet de tram pour faire avaler aux riverains toute une série de mesures imbuvables et dangereuses". Sur le tracé proprement dit, le comité a aussi son avis : "On constate un désaxement du tram au niveau du boulevard d’Avroy, ce qui est problématique tant pour les arbres que pour la foire". Et d’évoquer la possibilité d’un site propre partagé bus-tram ou encore un passage du tram par l’avenue Rogier et non via le boulevard d’Avroy.

Enfin, contrairement aux promesses faites récemment par le bourgmestre, l’Association de quartier Saint-Jacques-Avroy déplore qu’il ne soit désormais plus question, dans le plan de mobilité, de construction d’un parking en ouvrage sous le terre-plein du boulevard d’Avroy. "Il y a une volonté de tuer la voiture au centre-ville, ce qui risque de conduire à terme à un engorgement et donc aussi à un exode", souligne le président Stiennon, lequel en appelle à un sursaut de la Ville en la matière. Ce dernier insiste également pour que le fameux Plan urbain de mobilité en gestation depuis plusieurs années, "un chef-d’œuvre à côté de ce qui est proposé", ressorte des limbes.