C’est tout sourire que les représentants du Port autonome de Liège (Pal), organisme public créé en 1937 et qui représente environ 15 % du PIB de la province, ont fait le point ce lundi matin sur le projet de Liège Trilogiport, et ce à l’occasion du début de l’enquête publique, laquelle doit durer un mois et succède au dépôt, le 16 août dernier, de la demande de permis d’urbanisme. Un projet jugé "incontournable pour le redéploiement économique de la région liégeoise" qui consiste pour rappel en la création d’une plate-forme multimodale (eau, rail et route) de quelque 120 hectares sur des terrains régionaux gérés par le Pal et situés le long du canal Albert à Hermalle.

Ce projet d’ampleur, lequel faisait l’objet hier soir d’une réunion d’information publique, prévoit un investissement public de plus de 40 millions d’euros pour la réalisation des infrastructures - à ce sujet, on peut noter la mise à disposition des sommes promises par le gouvernement wallon en date du 24/07 - et un investissement de l’ordre de 115 millions d’euros en provenance des partenaires privés. Conçue comme un véritable "village multimodal", la plate-forme Liège Trilogiport doit rassembler différentes zones d’activités parmi lesquelles un terminal à conteneurs (15 hectares), une importante zone logistique de 40 hectares génératrice si l’on en croit les chiffres escomptés de 2000 emplois nouveaux, ainsi que des zones portuaire et de services.

A ces futurs équipements, doivent notamment s’ajouter - et l’accent a considérablement été mis sur cet aspect lors de la présentation faite ce lundi matin - des zones de développement ou d’intérêt paysager, représentant tout de même une superficie totale de quelque 25 hectares. "La notion de développement durable est au cœur de ce projet", a ainsi affirmé Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et président du CA du Pal, rejoint dans son constat tant par le directeur général f.f. du Pal, Emile-Louis Bertrand, que par Stéphan Nivelles, premier attaché délégué du SPW, lequel a évoqué les différentes zones du Trilogiport.

"Le projet est intégré dans son environnement immédiat", a ainsi noté ce dernier, évoquant notamment le fait que la plate-forme sera isolée et précisant qu’"elle sera séparée du village de Hermalle par une importante zone tampon présentant un intérêt paysager". Des plans d’eau avec passerelle et appontements, dont un en liaison directe avec la Meuse, seront créés de même que des jardins communautaires, portant à plus de quatre hectares la zone arborée prévue, tandis que le Ravel existant sera réaménagé.

Autre aspect mis en évidence par les différents intervenants : celui du potentiel important d’emplois qu’est destiné à générer Liège Trilogiport. Si l’objectif avoué est de rendre Liège incontournable en matière de logistique fluviale, il consiste également en la création de 2000 emplois. Et Emile-Louis Bertrand d’évoquer, outre la présence déjà acquise d’opérateurs internationaux comme Dubaï Ports World, les partenariats développés en la matière avec Liège Logistics de même qu’avec le Forem Logistique.

Enfin, concernant les accès routier et ferroviaire à la future plate-forme, le délégué du SPW a réaffirmé la construction prévue d’un pont au nord du site de Hermalle de même que la création d’une gare ferroviaire côté sud et de celle, indispensable, d’une voie de chemin de fer devant relier la plate-forme au réseau ferré du site Arcelor de Chertal. Mais il semble qu’à ce sujet, tout reste encore à faire