Ne pas pouvoir s’entraîner en hiver, c’est bien le comble pour un patineur. C’est pourtant le sort des quelque 300 membres des divers clubs de la région liégeoise, toutes disciplines confondues (patinage artistique, de vitesse et hockey sur glace), qui doivent désormais rivaliser d’ingéniosité pour s’adonner à leur sport préféré. Pour rappel, le 24 décembre dernier, la Ville de Liège ordonnait la fermeture du site de Coronmeuse, les autorités ayant constaté que le poids de la neige sur le toit (plus de 60 cm) faisait fléchir la structure métallique du bâtiment. Quelques jours plus tard, c’est le dégel qui posait problème, l’eau de fonte s’étant infiltrée dans la laine de verre du faux plafond, rendant ce dernier instable. Les risques d’affaissement étant réels, la date de réouverture de la patinoire était repoussée.

Durant le mois de janvier, des expertises sont pratiquées. "La solution concrète, qui aurait conduit à la réouverture en toute sécurité de la patinoire, était l’enlèvement de toutes les dalles constituant le faux plafond et la mise en place d’un chapiteau provisoire pour protéger la structure du bâtiment et empêcher l’effet de condensation produit par l’humidité et le froid", explique-t-on à l’échevinat des Sports. Des travaux évalués à plus de 600.000 euros. Un coût jugé prohibitif par le collège, qui a décidé vendredi de fermer définitivement la patinoire. "Un tel coût de réfection, celle-ci étant de surcroît longue à réaliser, était excessif pour une structure en passe d’entamer sa dernière année de fonctionnement", précise-t-on. La patinoire Médiacité, actuellement en chantier, devrait en effet être terminée pour septembre 2012.

Du côté des différents clubs de patinage et de hockey de la région, si l’on assure comprendre la décision de la Ville, l’on regrette néanmoins l’absence de solution concrète, patinoire "mobile" ou mise à disposition de cars. "Chaque club a joué des coudes pour trouver une solution, témoigne François Mark, président de l’ASBL Funny Ice Hockey. Il a fallu trouver des créneaux horaires dans les autres patinoires, ce qui n’était pas facile. Les sites de Hasselt et Louvain sont complets, par exemple. On a réussi à obtenir quelques heures à Geleen, aux Pays-Bas, en soirée, et à Aachen le matin. Les prix sont beaucoup plus élevés qu’ici mais on n’a pas le choix". Il poursuit : "Il y a l’alternative du hockey en salle, sur roller, mais les sensations sont tout à fait différentes, on perd beaucoup de vitesse, tous les membres ne sont pas intéressés". Même son de cloche chez les Bulldogs Liège, ainsi que le souligne David Cornelis : "On a trouvé la glace à Maaseik (Limbourg) mais ce n’est pas évident, il y a 45 minutes de trajet. On fait avec, la National League va jouer tous ses matches en déplacement par exemple".

Pour Louis Letems, vice-président du Cercle des patineurs liégeois artistiques, les problèmes sont identiques : "Pour le moment, nous allons deux fois par semaine à Aachen, mais il a fallu marchander. Nous avons obtenu le dimanche à 8 heures du matin, et le mercredi à 18 heures : pas évident pour les plus jeunes, surtout avec une heure de trajet. Et c’est huit fois plus cher !" Il s’inquiète également de l’avenir du club : "Comment ferons-nous la saison prochaine ? J’espère des subsides de la Ville, mais je n’y crois pas trop". Une réunion était prévue hier soir avec l’échevinat des Sports, et les différents clubs de la région doivent se rencontrer aujourd’hui à 19 h. 30.