Gazette de Liége

Le promoteur liégeois Laurent Minguet n’est pas réputé pour faire dans la dentelle. Ce qui fait que, même s’il évoque un phénomène “Nimby”, ses projets font rarement l’unanimité. Mais il en est un qui ne cesse de faire jaser. Il a trait à la construction dans le quartier de la Chartreuse de seize logements voulus durables et élaborés selon le concept “thermo-efficace” qu’il promeut. La volonté est de localiser ce projet, dû à l’architecte liégeois Pierre Sauveur, à l’angle des rues Joseph Dejardin et Justin Lenders. Ce qui ne plaît visiblement pas à tout le monde, un problème de gabarits étant notamment épinglé.

Trois permis et trois recours

Si un premier permis d’urbanisme a été accordé dès 2011 par le ministre wallon Philippe Henry (Ecolo), un recours fut rapidement introduit par les riverains. Ces derniers pointaient en leur temps de nombreuses dérogations au plan communal d’aménagement. Et malgré le fait qu’ils aient obtenu gain de cause au Conseil d’Etat, le projet a évolué, le promoteur présentant une seconde mouture toujours jugée peu satisfaisante par les riverains. Outre ces derniers, la Ville de Liège avait également rendu un avis négatif relatif au projet, évoquant notamment “une excessive densité”. La décision fut aussi prise de se pourvoir devant le Conseil d’Etat même si dans un premier temps, le recours ne fut pas introduit dans les règles. Parlant à l’époque d’“acharnement” dans le chef de la Ville (dont l’échevin de l’Urbanisme est un riverain…), Laurent Minguet a obtenu récemment un troisième permis. Et ce malgré un nouvel arrêt du Conseil d’Etat favorable aux riverains, lesquels évoquent donc “un déni de justice”.

Ce qui irrite considérablement ces derniers, dont nous avons joint l’une des représentantes, c’est la manière de faire du promoteur liégeois. Lequel a fait procéder en fin de semaine dernière et de façon dit-on cavalière à un abattage d’arbres sur le terrain concerné par le projet. Aux dires de notre interlocutrice, la police de l’environnement serait descendue sur place pour constater les dégâts. Même si les riverains ont introduit un nouveau recours en extrême urgence auprès du Conseil d’Etat suite au troisième permis accordé par le ministre Henry, rien n’empêche Laurent Minguet de débuter le chantier. Mais l’impression qui domine est celle d’un passage en force.