Gazette de Liége

Mercredi prochain, journée de grève nationale, le travail sera à l’arrêt dans de très nombreuses entreprises liégeoises tous secteurs confondus

"Il s’agit de faire prendre conscience, notamment aux organisations patronales, que leurs travailleurs méritent le respect, beaucoup de respect ! De plus en plus de personnes doivent travailler plus longtemps, être toujours plus flexibles, sans arriver à joindre les deux bouts à la fin du mois. Malgré cela, on ose leur proposer des miettes !", explique Jean-Marc Namotte, secrétaire fédéral de la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien.

En cause, la marge d’augmentation salariale qui est limitée à 0,8 %. "Il y a 2 ans, cette marge était de 1,8 % et le discours des patrons et du gouvernement était moins optimiste qu’aujourd’hui. Si on les écoute, il y a plus d’emplois, plus de perspective et moins d’argent pour les travailleurs. Par contre, pour les dividendes à verser aux actionnaires, il n’y a pas de plafond… Un accord interprofessionnel est dès lors impossible à ce stade."

Augmenter le salaire minimum

Pour le secrétaire fédéral, cette maigre augmentation se justifie d’autant moins que nos pays voisins sont beaucoup plus généreux que nous. "En fait, nos patrons et le gouvernement disent que nous avons un retard historique par rapport à ces pays. Mais quand même, en 2019, l’augmentation salariale en Allemagne sera de 5,6 % ! On table sur 5 % aux Pays-Bas et nous, ce sera 0,4 % (la moitié de 0,8 % sur deux ans) plus éventuellement une indexation. Une indexation qui montre ici son importance. Sans cela, des travailleurs de petits secteurs n’auraient jamais rien."

Mais, pour le front commun syndical qui débrayera ce mercredi, le combat ne s’arrête pas là. Il s’agit aussi de trouver des réponses concrètes pour augmenter le salaire minimum et les allocations sociales les plus basses, pour redéfinir un cadre pour des fins de carrière décentes, pour améliorer les possibilités de combinaison entre le travail et la vie privée et améliorer la mobilité dans notre pays.

"On pourrait par exemple augmenter la déduction fiscale pour les gens qui vont travailler à pied où à vélo. Si on augmente le 0,15 centime, cela motivera les gens et ce sera mieux pour le climat et aussi pour leur revenu."

Et si la grève du 13 février ne débloque pas la situation ? "Nous repartirons alors dans d’autres mouvements. Il est question de 100 jours d’actions d’ici les élections. Soyons clair. On nous dit que la croissance est de retour. Cette croissance est à répartir et les travailleurs doivent aussi en bénéficier."