Zurbains : citoyens attachés à la ville et désireux d'y vivre en accord avec le développement durable. Le terme est neuf; c'est à Liège qu'il s'est forgé au départ d'une poignée de riverains ayant planché sur un habitat écologique, économique et citoyen.

Il y a un peu moins de deux ans que l'idée leur trotte en tête. Un premier groupe, déjà nommé "Les Zurbains", cherchait un terrain en ville pour y développer un habitat spécifique. S'est ajoutée une autre série d'habitants du quartier St-Léonard, désireux de partager un espace. Le projet était né. Et s'est affiné depuis. Il compte aujourd'hui 28 "cellules" : familles, couples, célibataires ou encore personnes âgées seules.

Groupe, pas communauté

Daniel Humblet, l'un des propriétaires du site, le précise d'emblée : l'idée n'est pas de vivre en communauté et de partager les pièces de vies, mais de vivre "groupé", soit de construire des logements mitoyens les uns aux autres et d'investir à plusieurs dans les éléments coûteux, difficiles à acquérir en étant seul.

Au final, une économie d'échelle qui devrait amener l'investissement total en construction à 2,8 millions d'euros. "Nous recherchons également une dynamique multigénérationnelle pour éviter un groupe trop homogène", note Daniel Humblet. Bébés de quelques mois et grand-mère nonagénaire devraient trouver leur pace dans cet ensemble.

"D'ailleurs, nous ne sommes pas une bande de copains qui allons partir en vacances tous ensemble !", ironise Murielle Frenay, tête de liste Ecolo à la Province et l'une des chevilles ouvrières du projet. Pas d'enjeu affectif dans ce pari mais l'envie de repenser l'habitat en termes d'énergie et de citoyenneté, dans un quartier populaire de Liège.

La philosophie veut ainsi que chacun trouve sa place et ses droits, conscient, en contrepartie, de ses devoirs sur le site. "Des ateliers se sont formés concernant la consommation d'énergie, la charte de respect, l'animation, l'entretien des jardins, etc.",

L'autre grand axe du projet "Zurbains", c'est l'éco-construction. Jean-Marc Schepers, l'architecte, a conçu ces 28 logements de façon mitoyenne, avec installations solaires, chauffage bio-masse, récupération d'eau de pluie et structure mixte en bois et béton. "La norme de performance énergétique, en Région wallonne, est le K55. Nous arriverons à 30 alors que la plupart des bâtiments actuels atteignent 80" note-t-il, soucieux de ne pas faire une "mini-cité" mais bien un "ensemble cohérent où chaque cellule, rencontrée individuellement, a émis ses souhaits et ses possibilités budgétaires".

© La Libre Belgique 2006