Astana 103 voix, Liège 44 ! Il n’y a pas à discuter, ce n’est pas par un vote "à l’UMP" que le Bureau international des expositions a choisi la capitale du Kazakhstan comme organisatrice de l’Exposition internationale 2017. Bon vent, donc, à la ville et au pays qui sont sortis vainqueurs.

Liège n’a cependant pas travaillé en vain, pendant trois ans, en faveur d’une candidature qui lui a donné une visibilité internationale, tout en suscitant une mobilisation de ses forces vives et en démontrant une volonté de surmonter le déclin de nos vieux bassins industriels. Il faut désormais traduire le rêve de l’Expo en nouveaux projets et en autres défis pour mieux rebondir. Les nombreuses réactions enregistrées hier soir allaient en ce sens. Peu, très peu de lèyîz-m’plorer : une grande déception, certes, mais aussi la conviction que des acquis ont été engrangés dans l’aventure. Ce sera notamment le cas pour le tram, dont le dossier n’aurait pas avancé aussi rapidement sans l’échéance 2017, ainsi que pour l’éco-quartier qui va pousser sur le site de Coronmeuse.

Cela ne doit pas nous dispenser de considérer avec lucidité les causes de l’échec liégeois, qui est aussi un échec wallon, belge et même européen. Les arguments sonnants et trébuchants dont la diplomatie kazakhe a pu se servir n’expliquent pas tout. Le vote du BIE est aussi un révélateur du déplacement du centre de gravité du monde vers l’Asie et de la montée des pays émergents. De nouvelles solidarités internationales en résultent, qui peuvent s’exprimer, sans état d’âme, en faveur d’un Etat dirigé par un ancien apparatchik du Parti communiste à l’époque soviétique, régulièrement dénoncé au chapitre des libertés.