Le moins que l’on puisse écrire, c’est que la matière immobilière n’a jamais été autant au cœur des préoccupations à Liège. Mais s’il est le plus souvent question d’immobilier résidentiel, voire de l’opération de rationalisation dans laquelle la Ville s’est désormais engagée, on évoque rarement la question pourtant essentielle de l’immobilier de bureau. Essentielle notamment car cela représente une manne financière importante pour la Ville, et ce qui plus est car Liège a été confirmée dans le cadre de la sixième réforme de l’État et de la régionalisation à venir comme le principal pôle économique wallon.

Plus d’espace disponible aux Guillemins

La société DTZ, soit l’un des principaux opérateurs en la matière, a sorti le mois dernier une étude sur le marché liégeois de bureaux, mettant en avant "un fort potentiel de croissance". Pour DTZ, les décisions institutionnelles dont il est question plus haut auront des conséquences importantes sur le marché liégeois. Liège où les services représentent 75 % de la valeur ajoutée de l’économie et où le secteur public est fortement présent. Le chiffre de 40 000 emplois publics, lequel est amené à croître, est évoqué par la société immobilière. DTZ divise le marché liégeois de bureaux en quatre districts centraux, un cinquième étant constitué par l’offre existante en périphérie : un district central situé sur la rive gauche de la Meuse et englobant l’axe Avroy-Sauvenière, la place Saint-Lambert et le Cadran, le district des Guillemins, celui de la rive droite et celui du Sart Tilman. Selon les chiffres fournis par l’opérateur immobilier, le stock existant est constitué de 396 000 m2 de bureaux dont 22 % ont été mis sur le marché depuis 2009.

À lui seul, le district central concentre 45 % de l’offre, soit 180 000 m2 de surfaces, un tiers d’entre elles étant occupées par le secteur public. La Régie des bâtiments (avec les annexes du palais de Justice) et Ethias (avec ses bureaux de la rue des Croisiers) sont les principaux propriétaires de la zone où il faudra bientôt compter avec le projet "E.Lyge" porté par la société Buelens au Cadran et par celui du groupe Cayman boulevard de la Sauvenière. Aux Guillemins, les deux gros morceaux sont constitués par l’espace Guillemins dû à la société Fidentia et par la nouvelle tour des Finances construite par Befimmo. Sont aussi évoqués, en termes de projets, celui du Plan incliné dû à la SNCB, d’Immo Retail place des Guillemins ou encore du Val Benoît. Un constat clair est posé par DTZ : il n’y a plus d’espace disponible aux Guillemins.

Au contraire de la rive droite, où sont déjà implantés le parc d’affaires Zénobe Gramme et la MédiaCité et où doit voir le jour le centre d’affaires Archipel. Et si au Sart Tilman, la place est limitée, l’essentiel de l’espace étant occupé par le parc scientifique, ce n’est pas le cas en périphérie. Laquelle totalise selon DTZ 85 000 m2 de bureaux, localisés autour de Liège Airport (Liège Airport Business Park), à la sortie de l’autoroute E313 (Office House), à Seraing (CMI), à Loncin (Office Park d’Alleur) ainsi que quai Timmermans. C’est l’un des enseignements de cette étude : au contraire du centre-ville où le manque d’espaces disponibles de qualité est évident, la périphérie a clairement le vent en poupe avec quelque 25 000 m2 de bureaux mis sur le marché depuis cinq ans.