Gazette de Liége Le Smart City Institute a un an. Bilan avec sa directrice, Nathalie Crutzen.

Aujourd’hui, les nouvelles générations, appelées les "natifs numériques", à savoir ceux nés après 1984 (date du lancement du 1er Macintosh) et qui ont grandi dans un environnement fait d’ordinateurs, d’internet, de téléphone portable, d’applications mobiles, n’ont pas la même vision du monde économique que leurs aînés et regorgent d’idées nouvelles. Ces nouvelles générations, en quête de sens et de valeurs, sont en train d’inventer un nouveau modèle économique davantage centré sur le management collaboratif, le travail en équipe, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle ou encore le développement personnel de leurs salariés… C’est un constat, de plus en plus de jeunes cherchent à entreprendre. En témoigne la multitude de création de startups.

C’est dans ce contexte qu’est né fin 2014 le VentureLab, l’incubateur destiné aux étudiants-entrepreneurs et diplômés du Pôle Liège-Luxembourg, toutes filières confondues, sous l’impulsion de l’Université de Liège, ainsi que le Smart City Institute (SCI) en janvier 2015 au sein de son école de gestion HEC-ULg. Après plus d’un an de fonctionnement, l’institut universitaire, soutenu par des partenaires tant publics (Ville de Liège) que privés (Accenture, Belfius et Proximus), confirme toute son utilité. Né dans le prolongement des activités menées par la Chaire Accenture en stratégie durable depuis 2010 à HEC-ULg, le SCI s’intéresse "à la gestion des smart cities (NDLR : villes intelligentes), c’est-à-dire comment on transforme de manière durable un territoire en prenant en compte les enjeux dans les stratégies d’organisation (pas trop de pollution, qu’il reste attractif économiquement…). C’est réfléchir à la transformation durable d’un territoire urbain en utilisant les technologies comme moyen pouvant faciliter cette transition", explique Nathalie Crutzen, directrice du SCI et chargée de cours à la Chair Accenture en stratégie durable à HEC-ULg. "L’institut a quatre missions, celles de stimuler la recherche, l’enseignement (via un séminaire), l’innovation et l’entreprenariat (via le City VentureLab) et d’informer le public via des conférences et des événements", précise-t-elle, le tout au service du développement de villes durables et intelligentes. "Le but est de créer un centre de référence sur les questions des smart cities et de motiver les jeunes à ne pas hésiter à développer un projet qui prend en compte les critères de durabilité, créativité, technologie…".

Un véritable tremplin

Actuellement, une douzaine de startups, à des stades avancés ou non, ayant un lien avec la dynamique des "smart cities" évoluent au sein de l’incubateur City VentureLab, la plupart étant issus du séminaire en stratégie durable dispensé aux étudiants en dernière année à HEC-ULg. Durant ce séminaire, tous les étudiants sont invités à travailler par groupe sur des projets traitant de la problématique des villes intelligentes au travers de thématiques diverses (gouvernance, transport électrique…) avec comme possibilité de prendre la Ville de Liège comme pilote pour développer leur projet. En fin de séminaire, seuls les meilleurs projets ont la chance de pouvoir intégrer le City VentureLab, qui n’est autre qu’une division thématique du Venturelab, cogéré par le SCI. "C’est une institution complète : la recherche alimente les cours tandis que les cours peuvent faire rentrer des projets dans l’incubateur et stimuler l’esprit entrepreunarial", souligne Nathalie Crutzen.

Un bilan positif après un an

Depuis sa création, le Smart city institute répond à une réelle demande auprès des étudiants. "Il y a une vraie demande et dynamique auprès des jeunes. On est très positif. En passant par l’institut, ils peuvent bénéficier d’un statut spécifique d’étudiant-entrepreneur", affirme-t-elle. Par ailleurs, le City VentureLab leur met également à disposition des coaches, des formations ainsi qu’un réseau, leur permettant de faire évoluer leur projet entrepreunarial plus rapidement. Enfin, outre une douzaine de projets incubés, le SCI c’est aussi aujourd’hui quatre équivalents temps plein, plus de 600 étudiants formés, deux rapports de recherche nationaux publiés… Et pour le futur, sa directrice ambitionne "d’obtenir un rayonnement international dans les trois prochaines années tout en gardant un ancrage fort sur le territoire wallon". Aude Quinet