Des milliers de personnes étaient présentes pour enterrer la fête.

L’enterrement, c’est vraiment le moment où tout le monde se lâche. On expulse toutes les tensions, on finit en apothéose"… Marcel Janssen, porteur de Mathieu l’Os, dit Matî l’Ohè en wallon, depuis 2013, nous confiait ce sentiment, en août 2016.

Trois ans plus tard, ce vendredi 16 août 2019, ils étaient une nouvelle fois nombreux à soutenir le porteur de Mati… très nombreux en l’occurrence.

En effet si d’ordinaire quelques centaines de personnes se rassemblent pour célébrer ce moment atypique - il s’agit d’un gros os de jambon coincé dans un cercueil entre du céleri et des carottes -, ce vendredi, ils étaient plusieurs milliers à s’être déplacés en Outremeuse. La météo clémente sans doute, le fait que ce 16 août est un vendredi et la publicité faite autour de ce moment déroutant, qui n’est autre que l’épilogue burlesque des fêtes du XV Août.

Pour les travailleurs du XV Août

"C’est fou, au départ nous n’étions qu’une cinquantaine", nous confie, dans la foule, Léon Mormont, ancien président de la République libre d’Outremeuse et, toujours, président honoraire. L’ancien se souvient en effet : "Ce moment était réservé aux personnes ayant travaillé durant les fêtes du XV Août."

Un mélange de folklore, de tradition religieuse, "un écho au carnaval", se souvient aussi le président honoraire. Preuve en est, les participants sont déguisés comme s’ils allaient… à un enterrement. "En fait, cela fait aussi un écho au mythe du Phoenix. À la fin du parcours, on le brûle [NdlR : Mathieu l’Os] de manière à ce qu’il renaisse de ses cendres l’an prochain."

Une femme

Ça, c’est pour l’esprit et la tradition. Dans les faits, ils étaient donc des milliers ce vendredi à participer à cette extravagante pièce de théâtre. À l’avant, les "hommes d’Église" qui fendaient la foule, suivis du cercueil et de son porteur - pour la première fois, une femme, à savoir l’humoriste Manon Lepomme, était invitée à porter Mati une partie du trajet. Et derrière, des milliers de "pleureuses"… entre la musique funèbre et les délires de fanfare, tout le monde était invité à boire un "dernier" friss péket en agitant bien haut sa branche de céleri. Car ce samedi, le XV Août en Outremeuse, c’est bel et bien terminé.