Le mouvement se présentera avec un projet de “rupture économique et sociale”.

La nouvelle est tombée il y a quelques jours, l’assemblée régionale du mouvement Demain a confirmé son intention de participer au scrutin régional du 26 mai prochain, dans la circonscription de Liège. Une première pour le mouvement de gauche qui dit vouloir aujourd’hui répondre à “l’urgence environnementale, sociale et démocratique qui est chaque jour plus criante, ici comme ailleurs dans le monde”.

ADN oblige, c’est un projet profondément ancré à gauche et progressiste que défend le mouvement, “un projet de rupture économique et sociale fondée sur l’éco-socialisme et ses trois principes indissociables : l’écologie, le socialisme et la démocratie”. Pour une Wallonie “plus rouge, plus verte et plus citoyenne”.

Demain aux élections régionales, une première donc, sous cette appellation du moins. On le sait en effet, à Liège, le groupement Vert ardent est né de cette rencontre entre des sympathisants Ecolo, des citoyens et des membres du mouvement Demain. Un mariage qui ne fut toutefois pas réalisable à l’échelon régional (ci-contre).

Dans le volet “Écologie”, le mouvement Demain avance déjà des pistes concrètes d’action et plaide ainsi vers “une politique énergétique entièrement renouvelable, l’établissement d’une régie wallonne ensemblière de la transition énergétique” sans oublier bien sûr “l’arrêt immédiat des réacteurs nucléaires fissurés et le respect par le fédéral du calendrier de sortie du nucléaire”.

Écologie toujours , citons cet objectif de “diminution de notre boulimie énergétique, une alimentation de qualité et la promotion d’une agriculture paysanne”.

“L’établissement d’un plan régional visant la promotion d’une économie relocalisée et socialement responsable” figure parmi les priorités du volet social, “mais c’est surtout au niveau de notre principe de démocratie que le mouvement Demain se démarque”, nous confie Patrick Dessart, coordinateur régional.

Ici, le mouvement Demain évoque “l’instauration de mécanismes de démocratie directe et participative comme les consultations populaires régionales contraignantes, la création d’un sénat régional composé de citoyens tirés au sort” ou encore “l’opposition régionale aux traités de libre-échange internationaux qui édictent des normes antisociales, anti-écologiques et anti-démocratiques".

Vert ardent, une dynamique non “régionalisable” ?

Tout comme certains reprochent au PTB d’affaiblir le PS, d’aucuns pourraient percevoir dans cette “nouvelle” liste une mauvaise nouvelle pour la “verte gauche” traditionnelle, Ecolo… “mais à ceux qui nous accuseront de diviser la gauche, nous répondrons qu’avant de faire le choix de déposer une liste en notre nom propre, nous avons pris et continuons à prendre divers contacts”, explique Patrick Dessart. L’objectif étant “d’être utile à gauche” et d’aboutir à une majorité progressiste. Pourquoi ne pas étendre la logique Vert ardent néanmoins, associant dans les faits des sympathisants Ecolo et du Mouvement Demain ? “Ce n’était pas possible car Ecolo avait déjà engagé des démarches.” Comme chez Vert ardent, la constitution de la liste du mouvement Demain sera réalisée via une élection sans candidat. Contrairement à Ecolo, pour l’élection régionale bien sûr. “C’est aussi notre spécificité. Ici, Ecolo n’est pas clairement marqué à gauche.”