Le projet définitif de réaménagement de la place de l’Yser a été présenté.

C’est le battage fait ces derniers jours par le collectif d’artistes/squatteurs du Théâtre à la place (qui occupent le bâtiment du théâtre de la Place depuis septembre) qui a visiblement précipité l’organisation par la Ville de Liège d’un point presse, lundi en fin de journée, afin de présenter le projet définitif de réaménagement de la place de l’Yser en Outremeuse. Les squatteurs ont en effet reçu mercredi un avis d’expulsion, exigeant qu’ils quittent les lieux pour le dimanche 15 au plus tard. Une notification non encore suivie des faits et qui s’appuie, selon le bourgmestre Willy Demeyer, sur une aggravation des conditions de sécurité ainsi que sur un très récent rapport "catastrophique et alarmant" des pompiers et des services de salubrité. Il fait état de risques d’incendie et d’électrocution dans certains espaces.

Demeyer préfère le dialogue à la force

"Sachant cela, je ne pouvais pas rester sans rien faire car en cas d’accident, la Ville étant propriétaire, ma responsabilité personnelle serait engagée. L’administration a fait activer cette procédure via huissier. Ce n’est pas exactement ce que je voulais faire car je préfère le dialogue. Mais demain, c’est fini. Je vais faire poster des policiers devant le théâtre afin que plus personne n’y entre pour assister à des spectacles. Ensuite, je vais parlementer avec les occupants", explique Willy Demeyer. A la question de savoir pourquoi, connaissant de longue date les problèmes de sécurité dans le bâtiment, le fait que des spectacles ouverts au public y sont organisés, tout comme des ateliers pour les enfants, il n’a pas fait procéder plus tôt à cette expulsion, le bourgmestre botte en touche. Idem quand on lui demande s’il va employer la force pour déloger les squatteurs qui feraient de la résistance.

Mais venons-en au projet pour la place de l’Yser. Le futur ex-ministre wallon de l’Environnement, Philippe Henry, a signé ce lundi l’arrêté de reconnaissance de la place en Sar (Site à réaménager). La démolition du bâtiment en préfabriqué va pouvoir débuter et vite, cette année. Ensuite, dès février ou mars 2015, les travaux de réaménagement du triangle interne de la place, soit 8000 m2, vont être entamés. Ils devraient durer six mois et coûter un million d’euros, une somme prise en charge pour moitié par la Ville et pour autre moitié par la Région.

Parc, dalle minérale et plaine de jeux

Aucune surprise concernant l’aménagement. L’on s’achemine bien vers un mix d’espaces verts "à l’image d’un jardin avec des arbustes, des plantations et tous les platanes conservés à l’exception d’un seul qui devra être abattu", une plaine de jeux de 1000 m2 pour les enfants, fermée pour plus de sécurité, et le maintien de la dalle de 2900 m2 du parking souterrain pour y organiser des activités culturelles et de loisirs. Le site, totalement accessible aux personnes à mobilité réduite, sera bordé de trottoirs et traversé par des cheminements piétons.

L’éclairage sera revu, avec l’installation de 21 luminaires et d’éclairages led au sol. En plus des 90 places de parking en sous-sol, 156 autres en surface sont prévues. On évoque encore la construction d’une petite structure en bois, destinée à un horeca saisonnier, des terrains de pétanque, du mobilier urbain et des gradins pour border la dalle. "Il s’agira d’un poumon vert et ouvert, propice à la détente et à la convivialité, qui répondra aux attentes des riverains et des commerçants", souligne la Ville. Combler les souhaits des riverains, c’est peut-être aller vite en besogne (lire ci-dessous) et parler d’un site ouvert aussi. Willy Demeyer se dit favorable à la pose d’une grille pour le clôturer, avec une heure de fermeture imposée. "Mais ce sera une décision collégiale." Isabelle Lemaire