Gazette de Liége Pour l’opposition, on reporte la charge et on ment aux Liégeois.

Alors que la troisième et ultime séance du Conseil communal de Liège consacrée aux budgets 2017 de la Ville, de la police et du CPAS (voir sur ce sujet notre édition de ce mercredi) avait lieu hier soir, devant faire place aux interventions détaillées et aux votes a priori majorité PS-CDH contre opposition, cette dernière s’en est donnée à cœur joie la veille. Principal groupe d’opposition à Liège, le MR n’avait d’ailleurs pas attendu avant de passer à la moulinette le budget 2017 de la Ville, présenté dans une forme de continuité et de stabilité par le collège communal la semaine dernière. Ainsi, après l’avoir qualifié de "plat" et "sans souffle" en 2016, la cheffe de groupe libérale Christine Defraigne et consorts sont allés plus loin en évoquant "un budget gelé et pris par les glaces" ou encore "un budget déséquilibré et fondé sur du virtuel".

Afin de corroborer ses dires et de dénoncer cette "escroquerie intellectuelle" - "ce que l’on avait prédit se réalise et on ne dit pas la vérité aux Liégeois" -, le MR prend pour exemples les réserves de la Ville et l’état de la dette. Les premières, chiffrées à 10 millions d’euros, diminuent comme peau de chagrin et leur situation est jugée préoccupante et quant à la charge de la dette, si elle est en deçà des estimations du plan de gestion - en raison d’un rééchelonnement des emprunts par la Ville -, l’impact sera négatif à long terme si l’on en croit les libéraux. Lesquels critiquent "un report de la charge sur les générations futures", de l’ordre de 22 millions d’ici 2032.

"Rien n’est fait et tout reste à faire"

Au rayon des autres griefs formulés par le groupe MR, figurent notamment la problématique des pensions et la (non-) prise en charge par la Ville de la fameuse cotisation de responsabilisation, chiffrée pour rappel à 26 millions d’euros. Si elle doit faire l’objet d’une renégociation avec la Région, Christine Defraigne épingle l’incertitude existante en la matière et le fait que "rien n’est fait et tout reste à faire". D’autant que, est-il également pointé, "si rien n’est fait et selon nos calculs, ce ne sont pas moins de 400 millions que la majorité PS-CDH va devoir aller quémander auprès de la tutelle régionale".

"Des mauvais tour de passe-passe"

Concernant les taxes et redevances, soit les principales recettes de la Ville si l’on excepte le fonds des communes, un écart important entre les prévisions et la réalité est dénoncé, tant d’ailleurs par le MR que par Ecolo. Si la majorité compte sur un double enrôlement pour certaines taxes, elle est accusée de gonfler ses recettes afin d’équilibrer le budget, notamment en ayant recours à un crédit spécial de recettes. De quoi parler dans le chef d’Ecolo, qui évoque pour exemple la taxe sur les pylônes GSM qui ne rapporte rien à la Ville, d’"optimisme coupable", la cheffe de groupe Bénédicte Heindrichs critiquant "une reproduction de mauvais tour de passe-passe".

Autres mauvais exemples épinglés : la nouvelle taxe sur les logements de type Airbnb ainsi que le marché relatif au mobilier urbain non encore conclu. Dans un registre différent et outre le recours toujours plus important à l’emprunt ainsi que le poids de la dette, un manque d’ambition pour de nouveaux projets, excepté celui de la Cité administrative, est pointé. Enfin, tant du côté du MR, où on liste plusieurs domaines tels que le sport et l’enseignement qualifiés de "parents pauvres de la politique communale", que d’Ecolo, on évoque la supracommunalité comme l’une des solutions structurelles à rechercher par la Ville qui "reste les bras ballants" et dont "le rôle métropolitain se réduit à une peau de chagrin".