Il est généralement de bon ton de considérer la logistique comme l’un des piliers du redéploiement économique de la région liégeoise. Nœud ferroviaire, aéroport dynamique, troisième port fluvial d’Europe, autoroutes à profusion (sauf la fameuse liaison CHB ), Liège jouirait de tous les atouts à ce niveau. Mais alors, à l’heure des bilans préélectoraux, une question surgit : qu’a fait le gouvernement wallon pour favoriser le développement du transport multimodal de marchandises et de matériaux dans notre province ?

Liège-Airport tout d’abord. Au niveau esthétique, on se souviendra notamment que la nouvelle aérogare de Bierset a été inaugurée en 2005. Plus fondamental pour l’économie de la Cité ardente : la zone nord de l’aéroport a été ouverte en 2007 et les travaux d’allongement de la piste principale ont été lancés en 2008 afin de permettre le décollage de gros-porteur à pleine charge et à plein carburant. Cet allongement de la piste (fin des travaux en 2010) devrait permettre à Bierset de maintenir sa place de 8e aéroport de fret en Europe. Un petit cocorico : l’extension de la zone aéroportuaire a notamment incité TNT à y doubler ses investissements en infrastructures. Et de nouveaux opérateurs se sont implantés à Liège.

Une étude de 400000 euros

Autre point capital pour Liège-Airport et notre région : le TGV Fret. L’idée est de créer un service de fret ferroviaire à grande vitesse connecté à la plateforme aéroportuaire. Ainsi, en 2008, le gouvernement wallon a débloqué 400000 euros afin de mener une étude de faisabilité. Il finance par ailleurs les activités de l’association Carex Liège, présidée par Jean-Pierre Grafé, qui regroupe les intervenants concernés. Les premières lignes de TGV Fret devraient être lancées en 2012.

Et la voie d’eau alors ? La création du Trilogiport est clairement le gros dossier de la législature. Petit rappel : le Trilogiport, c’est cette plateforme logistique multimodale (bateaux, camions, trains) qui va être créée à Hermalle-sous-Argenteau, le long du canal Albert. L’objectif principal de cet ensemble est d’attirer des entreprises utilisatrices de la voie d’eau et des grands centres de distribution européens présentant une activité à haute valeur ajoutée. Il est vrai que le Trilogiport n’est pas sans atouts : en effet, il jouit d’un accès à trois ports maritimes (Rotterdam, Anvers, Dunkerque) et se situe géographiquement dans une zone comprenant 56 millions d’habitants dans un rayon de 250 km et plus de 60 pc du pouvoir d’achat européen dans un rayon de 500 km. Coût du projet : plus de 65 millions d’euros, dont 52 seront pris en charge par la Région. Les travaux d’aménagement devraient s’achever vers la fin 2012.

Enfin, toujours en ce qui concerne la voie d’eau, on retiendra également la décision de construire une quatrième écluse à Lanaye sur le canal Albert. Elle permettra les liaisons à 9000 tonnes entre Namur, les ports maritimes de la mer du Nord et le réseau des Pays-Bas, via le canal Albert et le canal de Lanaye.

Demain : la démocratie locale et les "affaires".