Gazette de Liége

D . Reynders. Non, il ne s'agit pas de l'homme politique. Si ce dernier est également liégeois, une autre personne se cache sous les mêmes initiales, Danièle Reynders, qui n'est autre que la soeur du premier. Et elle aussi, elle fait l'actualité, mais dans le monde de la justice. En effet, la semaine prochaine, le 3 avril exactement, cette mère de famille âgée de 55 ans et actuellement juge d'instruction à Liège, deviendra madame le procureur du Roi à Liège, succédant ainsi à une autre dame, Anne Bourguignont. Et si le domaine dans lequel elle exerce peut sembler moins polémique que celui de son petit frère, tout comme lui, elle possède des amis... et des ennemis.

Sa nomination, elle la doit au sérieux de son travail selon certains de ses collègues. Elle la doit à des "pistons" selon d'autres personnes. Il faut dire qu'en plus d'être la soeur du ministre des Finances, elle a un mari qui siège au Conseil supérieur de la Justice. Ce qui fait dire à certaines personnes qu'elle est loin de mériter cette nouvelle nomination. Les avis divergent assurément.

Une femme de tête

"Elle sait ce qu'elle veut." En une phrase, le personnage semble avoir été cerné. En effet, si la phrase est unique, son écho est multiple puisque celle-ci fut prononcée par nombre de ses collègues. Est-ce une critique, est-ce un compliment ? Difficile à dire, mais une chose est sûre, le caractère de Danièle Reynders fait apparition à maintes reprises lorsqu'on demande de la qualifier. Une femme de tête donc, assez individualiste et qui ne tolère pas les retards dans le travail. Une femme très organisée, qui a même "une organisation exceptionnelle", selon certains. Voilà globalement les traits qu'on prête à Danièle Reynders. Pour leur interprétation, chacun jugera.

Un compliment, sans doute, du moins c'est ce que considèrent des collègues, au regard du métier qu'elle vient d'exercer durant 20 ans. "Un juge d'instruction doit récolter des informations pour trouver la solution aux délits", remarque une amie. C'est donc un travail d'investigation qui est opéré, durant lequel, le juge en question doit savoir prendre ses propres décisions. Il travaille de manière indépendante. C'est le cas de Danièle Reynders.

Mais aussi une critique, assurément. En effet, d'aucuns reconnaîtront que dire d'une personne qu'elle est "autoritaire, individualiste et qu'elle concerte peu", est loin d'être un compliment. D'autant qu'à cette critique s'ajoutent des remarques parfois désobligeantes sur "son orthographe désastreuse ou sur le record d'instructions sauvages" qu'elle détiendrait. A prouver évidemment.

Autre aspect polémique, la nécessaire ouverture d'esprit et la facilité de gestion d'équipe que requiert le métier de procureur du Roi. Et donc tout le contraire de l'individualisme qu'elle semble représenter. Cela peut déranger, du moins pour ceux qui conservent une certaine rancoeur à l'égard de Danièle Reynders depuis sa nomination il y a sept ans comme présidente du tribunal de première instance. Mais cette époque est pourtant révolue puisque la juge d'instruction a dû laisser sa place à Claire Lovens entre-temps, cette même personne qui aurait soutenu sa candidature comme procureur du Roi.

Et puis, Danielle Reynders, c'est aussi selon ses proches, une "mère accomplie", qui aime passer son temps libre à jouer au golf et à aller au théâtre. Et ces traits-ci au moins, ils ne se discutent pas.