D’aucuns craignaient un été terne et monotone, crise du Covid oblige… En bord de Vesdre, l’actualité socialiste a pourtant de quoi tenir en haleine. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que l’héroïne principale de cette véritable saga, la bourgmestre Muriel Targnion, ne manque pas d’alimenter le suspense. Ce dimanche soir, après avoir acté le retrait de Jean-François Istasse et de Didier Nyssen de son "clan", voici en effet qu’elle annonçait solennellement vouloir "débloquer la situation", en appelant "tous les élus socialistes de Verviers de se mobiliser derrière les responsables socialistes actuels et l’équipe actuelle du collège" ; y compris le président du CPAS Hasan Aydin donc qu’elle apourtant tenté d’évincer, malgré les injonctions contraires de sont parti, le PS - pour rappel, la fédération verviétoise du PS et l’USC sont sous tutelle.

Retour au calme donc, pour avancer sereinement… Muriel Targnion ne dispose pourtant plus de la majorité au sein de son propre parti…

Pour Malik Ben Achour, député PS Verviétois, ex-échevin et 3e score PS en voix de préférence lors des dernières élections, le point de non-retour a été atteint…

Que vous inspire cette sortie de Muriel Targnion, ce dimanche soir ?

"Je trouve cela assez extraordinaire qu’aujourd’hui, alors qu’elle a déposé cette motion de méfiance, que son parti lui a dit à quatre reprises de faire marche arrière, qu’elle agisse de la sorte. Cela démontre qu’elle veut à tout prix sauver son poste. C’est un geste de désespoir de quelqu’un qui n’a plus d’autre choix…".

Cela arrive donc trop tard selon vous ?

"Nous avons proposé de composer à plusieurs reprises, de temporiser mais à chaque fois, elle a tout balayé d’un revers de la main. Elle a fait preuve d’un jusqu’au-boutisme destructeur en jouant avec l’unité du PS et ce, lorsqu’elle était sûre de sa force. Aujourd’hui c’est trop tard oui, c’est comme si à la fin d’un match, lorsque vous étiez menés 3-1, vous demandiez qu’on rejoue ce match, ce n’est pas raisonnable, c’est tout simplement indécent".

Cela semble désormais sans issue mais que faire pour conserver le leadership PS à Verviers ?

"Il s’agit de reconstituer le consensus le plus large possible. Personnellement, je me rallierai au scénario qui permet d’avoir l’unité la plus solide et la plus large possible".

On parle de Jean-François Istasse bourgmestre, mais cela semble compliqué…

"La tutelle doit finir son travail [NDLR : l’exclusion de Muriel Targnion du parti sera sur la table du PS à Bruxelles ce mercredi], ensuite nous pourrons avoir des échanges mais en effet, Jean-François Istasse offre l’avantage de l’expérience, du militantisme. Il est un peu comme un sage, comme Jean-Jacques Viseur à Charleroi à l’époque. Il pourrait assumer cette fonction sans ambition au-delà de 2024".

Il faudrait que certains membres du PS, prioritaires, renoncent au poste… et au collège…

"En effet, c’est la règle pour les trois premiers sur la liste donc cela concerne Hassan Aydin et Sophie Lambert. C’est pourquoi j’en appelle ici à la notion de consensus qui est importante. Le trajet individuel doit s’effacer devant l’intérêt supérieur du parti mais aussi devant les intérêts suprêmes des Verviétois".