C’est une grande aventure dans laquelle se sont lancés des scientifiques de l’Université de Liège. Elle a trait à un projet Interreg "E-Test" qui a pour but de préparer l’Euregio Meuse-Rhin à accueillir le télescope Einstein.

Michel Morant, responsable de l’Interface Entreprises-Université chargée de coordonner ce projet, met en avant son ampleur inédite. Il s’agit de profiter tant d’une localisation jugée idéale que de l’expertise liégeoise en la matière, le projet ayant une dimension internationale.

" Il existe en quelque sorte un alignement des planètes afin de faire aboutir la candidature eurégionale ", estime-t-il. Lequel fait donc la part belle à la recherche fondamentale, dans les domaines de la physique et de l’aérospatial.

Représentant d’un des onze membres du consortium qui est à l’œuvre à cet égard, Giacomo Bruno (École de physique - UCLouvain) l’explicite. Et ce, à l’occasion de la réunion de lancement du projet intervenue ce vendredi.

Observatoire mondial

Pas moins de 150 scientifiques belges, néerlandais et allemands y ont pris part. Leur objectif, au travers de ce projet du télescope Einstein, est de créer " le plus grand observatoire mondial dédié à la détection d’ondes gravitationnelles ".

Détaillant les différents types d’interactions possibles, le professeur précité souligne "un enjeu important". À savoir en l’espèce celui de tenter de mieux comprendre la théorie du "big bang", et ce en se basant sur la théorie de la relativité générale.

Laquelle postule pour rappel l’existence de trous noirs et d’ondes gravitationnelles. Il s’agit dès lors, en se basant sur plusieurs avancées scientifiques récentes (les projets Advanced Virgo en Europe et Advanced Ligo aux États-Unis datant respectivement de 2015 et 2017), de franchir une étape supplémentaire.

Cette discipline naissante, auréolée du Prix Nobel 2020 de physique, doit permettre de détecter les fusions de trous noirs dans l’histoire de l’Univers et ainsi mieux comprendre son évolution.

À cette fin, une nouvelle génération d’observatoires est donc nécessaire. Et c’est précisément dans ce cadre que s’inscrit le projet européen du télescope Einstein qui en est à son lancement.

L’équipement en question, voulu beaucoup plus précis que les détecteurs existants, sera situé à 250 m sous terre. Et ce afin de réduire les perturbations indésirables tandis qu’il sera constitué de technologies innovantes.

En outre, si deux sites sont envisagés en vue de son implantation (voir ci-contre), il sera composé de trois "bras géants" disposés en triangle. L’endroit pressenti se situe dans la région des trois frontières à cheval entre Liège, Maastricht et Aachen.