Gazette de Liége

Parmi les quartiers liégeois actuellement en cours de développement urbanistique figure sans aucun doute celui de la Chartreuse. On y retrouve ainsi un éco-projet porté par l’homme d’affaires liégeois Laurent Minguet et la société de promotion immobilière qu’il a co-fondée, la SA Minguet et Lejeune. Ce projet, déjà précédemment évoqué par la "Gazette" (voir notre édition du 15 décembre 2010), vise pour rappel la construction, rue Joseph Dejardin, de 16 logements "à très basse énergie", utilisant pour ce faire le concept dit "thermo-efficace" qui est également développé au travers d’autres projets dont celui des Pléiades à Visé.

Cet éco-projet de Laurent Minguet a fait l’objet d’un arrêté du gouvernement wallon, conforme à la décision prise par le ministre en charge de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire Philippe Henry (Ecolo), lui octroyant le permis d’urbanisme sollicité. Un octroi néanmoins sous conditions, dont celles de "diminuer la hauteur de chacun des étages de l’immeuble d’angle de dix centimètres, ce qui correspond à une diminution du gabarit de 30 centimètres [ ]".

Cette question du gabarit maximum était justement un des problèmes soulevés par les riverains du quartier, lesquels épinglaient aussi notamment l’alignement des immeubles par rapport au front bâti. "Clairement, ce qui nous gênait dans ce projet, c’était ses nombreuses dérogations - quatre au total - au plan communal d’aménagement", explique Robert Neuray, un des riverains concernés. Une poignée de ceux-ci, plus soudés que jamais, ont donc décidé de se pourvoir devant le Conseil d’Etat, lui demandant la suspension et l’annulation du permis octroyé par le ministre Henry au projet porté par Laurent Minguet.

Un recours qui fut introduit quasi en parallèle de celui que la Ville de Liège a décidé elle aussi d’introduire contre ledit projet. Une décision qui fut prise lors du Conseil communal du 13 décembre dernier et justifiée à l’époque par l’échevin liégeois de l’Urbanisme Michel Firket (CDH), faisant référence à l’excessive densité du projet et au fait que le permis fut, selon lui, accordé de manière quelque peu hasardeuse.

Récemment, le Conseil d’Etat vient de rendre ses verdicts. Le premier, datant du 25 mars dernier, est défavorable à la Ville, laquelle n’a visiblement pas respecté la légalité dans l’introduction de son recours (elle a décidé d’intenter son action avant qu’elle soit avalisée par le Conseil communal). Quant au second, conforme au rapport établi préalablement par l’auditeur du Conseil d’Etat, il rencontre tout à fait les objections des riverains quant aux dérogations aux prescriptions urbanistiques ("une dérogation ne peut être admise qu’à titre exceptionnel", peut-on notamment y lire). En conséquence, il annule le permis octroyé