Eurostat aurait à nouveau remis un avis négatif relativement au projet de tram

Si les informations diffusées par nos confrères de L’Écho ce mercredi se confirment, c’est un nouveau coup dur pour la Ville de Liège et pour la région dans son ensemble. Après plusieurs mois de négociations entre la Région et Eurostat, bras armé comptable européen, il semble en effet que l’avis rendu par celui-ci, pour le financement du tram, soit négatif… Les modifications apportées par la Société régionale wallonne du transport (SRWT) n’auraient pas convaincu. Est-ce l’impasse ?

La question mérite d’être posée, si du moins ces rumeurs se confirment. On le sait, en mars déjà, Eurostat assommait les Liégeois en rendant ce premier avis négatif relativement au projet. Précisément, c’est le montage financier qui était remis en question.

Pourquoi ? Tout simplement car Eurostat exigeait que les sommes engagées dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) soient inscrites en une seule fois dans le budget régional wallon… de quoi plomber d’un coup les finances, au grand dam de la Région, qui perdrait de facto toute capacité d’emprunt.

Dès l’annonce de ce (premier) refus, les porteurs du projet et les instances régionales s’étaient offusquées, non sans afficher un certain optimisme relativement à la suite des négociations.

Comme le souligne aujour- d’hui Christine Defraigne, "le ministre de la Mobilité avait repris les négociations avec Eurostat, sans douter de la réponse, sans imaginer des solutions en cas de refus. Pourtant, maintenant, on y est !"

Quelles sont les modifications apportées au projet ? Elles seraient de nature à diminuer les risques mais il semble que la Région n’ait pas modifié le détail qui coince, cette désolidarisation du budget wallon.

Une question pourrait se poser désormais : quelle solution ravira Eurostat si ce n’est l’intégration des dépenses dans le budget ? La privatisation complète du financement ? Les risques dénoncés par Eurostat n’aideront pas le privé à se montrer audacieux.

Du côté du cabinet du ministre de la Mobilité, on se contentait, ce mercredi, de préciser que "personne n’a reçu d’avis officiel ou officieux ni d’Eurostat ni de l’Institut des comptes nationaux". Si le refus est confirmé, il va sans doute falloir faire preuve d’imagination…