Certainement pas dans les conseils communaux de la province de Liège, si l’on s’en réfère aux statistiques édifiantes sur la représentation hommes/femmes dans les conseils communaux de la province de Liège. Ces données ont été fournies par Ecolo, à l’occasion de sa proposition de décret sur la présence égale et alternée entre femmes et hommes sur les listes de candidatures aux élections communales et provinciales (cf. "La Libre" du 15/02).

Alors, passons à la distribution des points. Les bons tout d’abord, même si les résultats ne sont pas si brillants. La proportion de femmes dans les conseils communaux dépasse les 50 % dans seulement quatre communes de la province, toutes situées dans l’arrondissement de Huy : Burdinne (54,55 %), Donceel (idem), Tinlot (idem) et Geer (53,85 %). Les très mauvais élèves sont Villers-le-Bouillet (18 %), Visé (17 %) et Lierneux (15 % et deux femmes pour onze hommes). Mention "pas terrible" pour Verviers (27 %) et Liège (35 %). En moyenne générale de la province, on ne compte qu’un tiers de femmes pour deux tiers d’hommes.

Il est difficile de déterminer avec précision le pourquoi du comment de cette surprésentation masculine. Le machisme de certains hommes politiques qui préféreraient s’entourer d’autres mâles ? Impossible à affirmer car quelques communes gérées par des bourgmestres réputés machos (non, nous ne citerons pas de noms ) font bien mieux en matière de représentation féminine que d’autres où le bourgmestre est une femme ! Les femmes qui choisissent moins ce type de carrière, privilégiant leur vie de famille, et qui peinent à s’imposer dans ce milieu très masculin ? Probablement. L’électeur qui reporterait plus facilement son vote sur un homme, par habitude notamment ? C’est possible. Les études sociologiques sur le sujet tendent à confirmer que l’explication est multiple.

La proposition de décret d’Ecolo a le mérite d’exister mais, même si le principe de la "tirette" (l’alternance homme/femme) est adopté, l’électeur restera souverain dans ses choix. Rien ne pourra l’obliger à voter pour une représentante de la gent féminine. L’adoption d’un système de quotas fait débat. Ce serait évidemment ouvrir la porte à la présence de personnes non ou peu qualifiées pour le poste.

Alors que faire pour changer la donne ? Cela passera sans nul doute par un changement des mentalités au sein de la population et du monde politique. Et reste aussi aux femmes à trouver leur place et à imprimer leur(s) style(s) dans ce monde impitoyable.