quartiers oubliés (1/3)

Ala veille de l’ultime séance du Conseil communal de la législature écoulée et de l’installation de la nouvelle assemblée élue, la "Gazette de Liége" se penche sur ces quartiers liégeois délaissés par la Ville. Bien entendu, notre choix est forcément subjectif mais il nous semble qu’il s’agit d’exemples éclairants de dossiers en souffrance.

A noter que les quartiers choisis se situent tous en rive droite de la Meuse. Ce qui est sans doute tout sauf un hasard, compte tenu des investissements massifs qu’ont connus et que sont encore appelés à connaître les quartiers situés au centre-ville (Guillemins, Féronstrée, Saint-Léonard, etc). Les partis d’opposition, qu’il s’agisse d’Ecolo ou encore du PTB + qui va faire son entrée au Conseil communal, ne s’y sont pas trompés en enjoignant la Ville à ne pas oublier les quartiers périphériques. Et le fait qu’un échevin liégeois, à savoir Jean-Pierre Hupkens, ait dans ses compétences la coordination des politiques de proximité, n’est pas qu’anecdotique

Situé à l’est du centre-ville, sur la rive droite de la Meuse, le quartier du Longdoz ne consistait à l’origine qu’en une vaste étendue de pâturages souvent recouverts par les eaux de l’Ourthe. Cette situation originelle de terre de cultures et de champs de houblon transparaît dans la typologie latine du mot Longdoz, désignant un ensemble de prés longeant un cours d’eau. Incontestablement, l’âge d’or du quartier fut constitué par la Révolution industrielle au cours de laquelle la rue Grétry, soit l’artère principale du quartier, fut tracée et une gare construite. A cette époque, durant laquelle le quartier était l’un des plus dynamiques de la ville, plusieurs entreprises industrielles (Taf, Jubilé, les pneus Englebert, les pieux Franki, etc) s’y installent.

L’heure du déclin commença dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les usines fermèrent ou délocalisèrent les unes après les autres, et singulièrement dans les années 70 (époque à laquelle la Société métallurgique Espérance-Longdoz, créée dix ans auparavant, fusionna avec Cockerill-Sambre) lorsque la gare du Longdoz, désaffectée, fut démolie, avant que soit construite une galerie commerçante. Laquelle fut durant plusieurs années "la place du village" pour les habitants d’un quartier toutefois en quête d’une véritable identité. Un quartier pourtant proche du centre-ville mais peu connu et également peu investi. Vint ensuite le temps du renouveau, dans les années 2000, avec la décision de construire en lieu et place de la galerie du Longdoz, elle-même érigée sur les cendres de l’ancienne gare, un complexe commercial dénommé Médiacité. La reconversion du quartier passerait aussi, disait-on à l’époque, par l’audiovisuel, et c’est tout l’objet de l’installation il y a six ans au cœur du quartier, sur le site de l’ancienne manufacture de tabac Tabacofina, du Pôle Image de Liège.

Six ans plus tard - trois seulement si l’on prend en compte l’ouverture du complexe Médiacité -, le bilan, s’il est globalement satisfaisant au niveau commercial (chiffres de fréquentation de la Médiacité, accueil de nouvelles entreprises au Pôle Image), est plus mitigé pour le quartier. En effet, et ce constat est d’ailleurs confirmé par les chiffres annuels des notaires liégeois ainsi que par d’autres indicateurs, il semble que contrairement à ce qui avait été pressenti à l’origine, il n’y a pas - encore - eu d’effet Médiacité, notamment en matière immobilière.